EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Jours fériés religieux, et la laïcité ? – Edito 16/08/2018

C’est à se demander si c’est vraiment bien sérieux d’organiser une rentrée des classes en pleine semaine du 15 août. Faire venir des élèves à l’école pour casser le rythme deux jours après personnellement je trouve cela assez moyen,  et il semblerait que je ne sois pas le seul. Quoi qu’il en soit, partons du principe qu’il faut laisser le bénéfice du doute aux grands professionnels dont c’est le métier. Le dernier calendrier scolaire avait été accouché au forceps, tardivement, c’est vraiment qu’ils ont dû être confrontés à des situations difficiles, des « trucs de ouf » tellement compliqués à trancher … non sincèrement, soyons gentils avec eux, ce qui est fait est fait. En ce jeudi, le gros des troupes est sur les routes, là on est lancé, enfin jusqu’à ce week-end, demain quoi.

Hier c’était l’Assomption. Une fête catholique, pourtant il s’agit d’un jour férié national dans une République censée être laïque. Savez-vous pourquoi ? J’ai cherché, et ce que j’ai trouvé m’a laissé dubitatif. Remontons donc au XVIIème siècle où Louis XIII au bout de vingt ans de mariage n’a toujours pas d’héritier. Il demande alors à ses sujets de faire, dans chaque paroisse, le 15 août, une procession afin d’avoir un fils. Ô miracle, Louis XIV naîtra l’année suivante. Ainsi pour remercier tout le monde, en 1638, le roi publie l’Edit officiel qui déclare prendre la Vierge comme protectrice et patronne du Royaume. Le 15 août devient alors fête nationale, un jour férié.

Euh, comment vous dire ? A un moment donné ce serait peut-être sympa de rationaliser la donne dans un pays où les jours fériés cassent déjà la productivité générale tant il y en a à la pelle. On va le fêter pendant encore combien de siècles le fiston de Louis XIII ? C’est fou qu’on en fasse encore à ce point des caisses alors que le peuple de France en a fini avec la monarchie absolue à coups de guillotines.

Mais pourquoi les fêtes chrétiennes semblent être les seules suffisamment dignes de mériter qu’un jour férié leur soit associé ? Si la liberté de culte est sacrée, et que les croyants ont finalement tout loisir de prendre un jour de congés pour célébrer ce qui doit l’être, doit-on s’accommoder indéfiniment de ce qui paraît être devenu immuable ? Je ne semble pas être le seul à me poser des questions à ce sujet. Car si en effet, c’est un choix républicain assumé que de consacrer des jours fériés au bénéfice d’une religion, dans ce cas il faut aller au bout de la logique et instaurer des jours fériés musulmans et juifs. C’était justement en discussion à l’Assemblée nationale l’an dernier. La laïcité à géométrie variable qui finit par exclure des pans entiers des composantes de notre nation ce n’est plus acceptable. L’égalité qui est un principe fondateur de notre République devrait donc aussi l’être pour les confessions.

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1 Commentaire

  1. Microstring
    19 août 2018 à 6h10 — Répondre

    Supprimer tous les jours fériés faisant référence à la religion me semble plus logique. Mais alors gare aux grêvistes…

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Jours fériés religieux, et la laïcité ? – Edito 16/08/2018