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Justice, Gouvernement : notre salut par l’Intelligence Artificielle ? – Edito 07/06/2021

Le concept d’intelligence artificielle est pour beaucoup d’entre nous encore flou. C’est particulièrement compréhensible quand on sait non seulement que nous n’en sommes qu’aux prémices du développement de cette technologie, qu’en plus elle est à géométrie variable pour ce qui est de ses performances en fonction de quel appareil en est doté, et qu’elle est encore absolument substituable pour les tâches courantes du quotidien par un cerveau bien humain. Cela explique en partie que l’IA, comme elle est appelée communément, ne soit pas encore au centre de nos vies.

Je vous parlais il y a quelques semaines de la révolution à venir grâce au développement et l’avènement prévisible de l’informatique dite quantique. Lorsque les capacités de traitements de données des machines seront exponentielles par rapport à ce qui est possible aujourd’hui, il y a là en effet le potentiel de changer totalement la donne. En foi de quoi, l’Intelligence Artificielle sera alors en mesure d’être plus largement déployée puisque la manière de la mettre en œuvre et de l’exploiter reposera sur des mécanismes encore plus performants que notre cerveau que ce soit en termes de vitesse ou de quantité de données à traiter.

J’écoutais dernièrement un ami particulièrement brillant et visionnaire quant à sa conception d’un monde post singularité technologique. Celui qui existerait après que les machines aient dépassé le potentiel de l’ensemble des cerveaux de l’humanité réunis. Pour lui le salut de notre espèce en découlerait. En déléguant à une IA la faculté de rendre la justice et de nous gouverner, l’on s’affranchirait enfin des risques qui ont toujours été rattachés à une intervention de l’homme. Imparfait, parfois mal renseigné, influencé, corrompu, ou simplement fatigué, il y a  pléthore de motifs qui sont aujourd’hui susceptibles d’impacter sur son raisonnement et les décisions et actions qui en découlent, au détriment de ses congénères. En automatisant les processus, sur la base d’une connaissance universelle des règles de droits, de la jurisprudence et des modèles efficients de gestion des sociétés humaines, nous gagnerions au change en déléguant à des machines la gestion de nos destinées. C’est fascinant. Cela m’a donné à réfléchir.

Ainsi, je ferais une différence entre l’intelligence froide, celle qui vient de notre capacité à emmagasiner et traiter la connaissance, et l’intelligence qui vient du cœur. Façon de parler bien sûr. Je parle ici de l’âme, et de ses états, qui nous caractérise justement en tant qu’humain. Abandonner ce qui au sommet distingue notre espèce pour nous juger et nous gouverner, en reviendrait à nous renier. Une machine pourra au mieux simuler l’empathie, ou d’autres sentiments, mais il lui manquera toujours quelque chose d’absolument inné, aussi intangible et imparfait que cela puisse être. Le plus prudent, le plus acceptable pour le moment, serait de considérer l’IA comme une formidable source d’éclairage pour perfectionner le libre-arbitre humain au lieu de s’y substituer.  Expérimentons et nous verrons si vraiment nous avons besoin pour subsister en paix de nous créer de nouveaux maîtres.

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