EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

La capote aux oubliettes – Edito 01/12/2020

Avec la pandémie de Covid-19 qui occupe le devant de la scène médiatique depuis le début de l’année et qui de ce fait focalise l’attention, on en oublierait presque les autres fléaux dont nous devrions nous méfier. Ce 1er décembre c’est la journée mondiale de lutte contre le SIDA. Et oui lui il existe encore, et pourtant toujours aucun vaccin n’a été découvert depuis son apparition au début des années 80. Je ne vais pas à mon tour céder au conspirationnisme mais vous avouerez quand même que le fait qu’on n’ait encore rien trouvé depuis bientôt 40 ans, alors qu’il a fallu moins de 6 mois à une poignée de labos pour inventer leur version du vaccin efficace entre 70 et 95% contre le dernier coronavirus dont la forme était inédite, ça reste troublant.

Il y a bien des progrès qui ont été réalisés par contre sur les traitements. De la très lourde trithérapie dont vous avez peut-être déjà entendu parler il y a des années, les choses ont évoluées dans le bon sens. Non seulement lorsque l’on est séronégatif il est possible avec certains médicaments d’empêcher le virus de se fixer, et de plus l’espérance de vie du malade équivaut dorénavant à celle qui aurait été la sienne s’il n’y avait pas eu d’infection.

Aussi j’hésite un peu. La jeunesse polynésienne serait-elle à ce point bien informée sur ce qui précède, et la baisse de la mortalité qui en découle, pour justifier de son oisiveté face aux Infections Sexuellement Transmissibles ?  Où est-ce qu’elle n’a toujours pas percutée ? J’ai malheureusement envie de pencher pour la deuxième option. Quand j’entendais hier une jeune femme s’exprimer lors d’un micro-trottoir diffusé sur une chaîne locale à propos du fait qu’elle se sentait en sécurité en portant un masque pour éviter d’attraper le SIDA au cas où une personne séropositive lui postillonnait dessus, j’ai senti mes oreilles qui manquaient de saigner abondamment. Et ça voyez-vous j’en ai l’intime conviction, c’est le sommet de l’iceberg. Car des échos du même genre, j’ai pu en avoir directement et à de nombreuses reprises.

Le bilan est en effet calamiteux. On assiste depuis quelques années au Fenua à une recrudescence de toutes sortes de maladies sexuellement transmissibles dont même des femmes enceintes sont atteintes. Si toutes ne sont pas aussi grave que le SIDA elles n’en ont pas moins un potentiel hautement dangereux pour soi et son entourage.

C’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur car figurez-vous que le tout premier thème de débat que j’avais lancé du haut de mes 16 ans sur cette antenne, sur Radio 1, dans ma toute nouvelle émission pour ados c’était : « êtes-vous pour ou contre l’installation de distributeurs de capotes dans les lycées ». Aujourd’hui, 26 ans plus tard je pourrais plutôt proposer à mon alter ego ce sujet-là : « savez-vous qu’il existe des capotes, que ça peut vous être utile et qu’il y a même votre taille ? » … Bref, y’a tout à refaire …

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