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« La circulation du virus a été stoppée » au fenua, et maintenant ?

Jacques Raynal et le Dr. Aurélie Guigon, pharmacien biologiste et virologue à l’ILM. ©C.R.

Après un millier de tests de dépistage en quelques jours, Jacques Raynal estime que la visibilité de l’épidémie est « suffisante ». Le coronavirus « ne circule pas » au fenua, a affirmé le ministre de la Santé ce vendredi soir. Un assouplissement du confinement devrait être annoncé en début de semaine par le haut-commissaire et le président du gouvernement pour Tahiti et Moorea. Mais un retour à la normale n’est pas, pour l’instant, à l’ordre du jour.

Avoir une « cartographie plus fine de l’épidémie au fenua ». C’était l’objectif du « dépistage massif » annoncé le 14 avril par les autorités. 10 jours et 1 134 tests plus tard, l’effort a semble-t-il permis, comme prévu, d’avoir une vision plus large de la maladie. « Je ne sais pas si elle est suffisante en termes épidémiologique, mais elle est satisfaisante » explique Jacques Raynal. Assez, en tout cas, pour que les autorités puissent être plus affirmatives qu’à l’accoutumée :  « Les résultats que l’on a démontrent que la circulation du virus a été stoppée » dit le ministre de la Santé.

Malgré l’élargissement du périmètre du dépistage, seuls deux cas ont été identifiés ces dix derniers jours. « Deux cas importés », rappelle le responsable depuis la cellule de crise sanitaire du Pays. Il s’agirait de personnes ayant voyagé et qui sont revenus au fenua avant la suspension des vols, le 28 mars. Elles ont été testées à la sortie de leur période de confinement. Aucun nouveau cas autochtone – qui ne peut être tracé à un voyageur -, aucune contamination supplémentaire dans l’entourage des malades… Il y a de quoi être « rassuré ».

Des dépistages plus aléatoires

Le dépistage va tout de même « se poursuivre », explique le ministre de la Santé. Mais peut-être pas de la même façon. Selon le docteur Aurélie Guigon, virologue à l’Institut Malardé, l’établissement n’est plus limité par le matériel de tests – de nouveaux kits de prélèvement ont été livrés cette semaine. Et ce serait plutôt les patients qui manqueraient. Seules les personnes contacts et les personnes présentant des symptômes étaient jusque-là dépistées. « Nous allons développer une autre stratégie et faire des sondages ici ou là pour vérifier si il n’y a pas quelque chose de caché quelque part », précise Jacques Raynal.

Retour de résidents « au compte-gouttes » et en fonction des places laissées par le fret

La menace reposerait désormais donc désormais exclusivement sur les retours de résidents. Si le trafic aérien international est toujours suspendu, des retours de métropole sont prévus par les vols de continuité territoriale. Des évasanés devraient embarquer sur le prochain vol qui doit relier Paris à Tahiti le 2 mai. Les autorités se montrent plus réservées sur les possibilités de retour des résidents polynésiens bloqués en France. Après le secrétaire général du haussariat qui aviat parlé de « cas par cas », Jacques Raynal a expliqué que ces retours se feraient « au compte-gouttes ». Le fret médical et urgent (courrier, matériel indispensable pour les services publics…) ne laisse que des places limitées dans les avions, explique-t-il : « On les ramènera tous, mais il faut un peu de patience ».

Le ministre évoque tout de même le retour de résidents depuis la Nouvelle-Zélande « dans les prochains jours ». Quoiqu’il arrive, toutes les personnes qui arrivent de l’extérieur seront dépistées, et, pour limiter le risque en cas d’infection récente non détectée lors du premier test, placées en confinement pendant 14 jours, voire trois semaines dans certains cas particuliers.

Interrogé sur les centaines d’étudiants qui pourraient demander à rentrer d’ici la fin du mois de juin, le ministre a indiqué qu’en fonction de la situation, certains de ces voyages – s’il s’agit de période de vacances avant un retour en métropole – devraient être reconsidérés. L’option de l’affrètement d’un vol supplémentaire a semble-t-il été discuté entre l’État et le Pays. « Mais qui va payer ? » s’est interrogé le ministre de la Santé.

Un assouplissement mais pas de fin de confinement à Tahiti et Moorea

« Progressive », « graduée », « en fonction des secteurs »… Jacques Raynal a plusieurs fois évoqué la reprise de l’activité économique, qui serait « à l’étude » et qui devrait faire l’objet d’une nouvelle annonce conjointe du Haussaire et du président du gouvernement, lundi. Mais il ne sera pas question de lever complètement le confinement, à Tahiti et Moorea.

Dans l’hypothèse d’une reprise de l’activité, « il faudrait que les gestes barrières soient respectés », et le port du masque serait conseillé par les autorités. Reste à en trouver. Les masques chirurgicaux ne sont toujours pas en vente dans les pharmacies. « Nous avons stimulé la production de masques en tissu« , pour permettre une plus grande diffusion, assure le ministre qui indique aussi que la livraison récente de masques FPP2 pour les soignants devrait réduire la tension sur les stocks de masques chirurgicaux.

La réouverture des écoles et les élections municipales toujours en question

Le ministre de la Santé n’a pas souhaité s’avancer sur la réouverture ou non des établissements scolaires. « Les enfants ne sont pas touchés par cette pathologie mais ça ne veut pas dire qu’ils ne sont pas porteurs », a noté le responsable. En cas d’ouverture, « il faudra que les gestes barrières soient respectés », dans les transports et dans les écoles. La DGEE travaillerait aux conditions pratiques de cette reprise et devrait présenter un premier calendrier dans les jours à venir.

Pas de réponse non plus sur la date d’organisation d’un deuxième tour des élections municipales. Il doit théoriquement être convoqué avant juillet pour éviter une invalidation des résultats du 1er tour. Aux autorités nationales de décider, donc, mais Jacques Raynal a tout de même estimé que cette organisation était « possible », avec des règles sanitaires renforcées.

Des retours dans les îles possibles dans des conditions très strictes

Une des restrictions mise en place avec l’épidémie a semble-t-il déjà été assouplie : celle du voyage inter-îles. Comme insiste Jacques Raynal ces déplacements sont toujours, par principe, interdits, sauf pour des personnes ayant effectué un confinement de deux semaines « encadré par l’administration » – ce sera bientôt le cas des îliens logés au Royal Tahitien à Pirae – et qui auront été testés négatifs.

Les archipels seront quoiqu’il arrive « les premiers concernés » par l’allègement des mesures de confinement, a insisté le ministre de la Santé. Là aussi, des annonces sont attendues avant le 29 avril.

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3 Commentaires

  1. 25 avril 2020 à 5h49 — Répondre

    Pas de précipitation surtout, ce n’est pas parce qu’il semble que de nouveaux cas n’ont pas été détectés qu’il faut lâcher la bride à tout le monde, attention , des masques il en faudrait 100 fois plus et ce n’est pas le cas, et puis il faut continuer à garder ses distances. En tout cas le Dr Raynal lui n’en manque pas pour parler aux médias qui se trouvent à 6 mètres de lui, et la dame qui traduit pour les malentendants pourquoi n’a -t-elle pas de masques ?

  2. Tohivea
    25 avril 2020 à 8h40 — Répondre

    Il n’y a plus de nouveaux cas depuis une semaine, on sait où sont ceux qui sont encore malade, bref: c’est maîtrisé et le danger est écarté. Alors je voudrais qu’on l’explique pourquoi on nous fout la trouille avec ce qui n’existe pas ? Pour nous rassurer ?… Pourquoi on nous empêche de vivre ? Pour ne pas mourir ?…
    Il est temps revenir au bon sens. Et au masque, bien sûr, pour ceux qui pensent encore que le virus nous guette en l’air pour nous tuer tous.

  3. citoyen polynésien
    26 avril 2020 à 23h11 — Répondre

    J’ai des questions??????
    Comment les résultats de mort ne change pas bizarrement?????
    Les morts sont-ils testé afin de vérifier qu’ils ont pas le covid??? Et non dire il est mort et puis voilà???
    Franchement une analyse des résultats sur le long terme 1mois en comparant les résultats des autres pays démontre que nos résultats semblent pas être réel.
    Par exemple, comment Hawaii comptabilise déjà des morts alors que chez nous rien de chez rien????
    Et bizarrement, nous entendons plus parler de décès même les décès naturels????
    Comment ils font???
    Avez vous vérifier? ou c’est pour éviter l’affollement de la population car si vous mentez à la population ce n’est pas une révolte mais un siège éjectable?

    Comprennez la population et mettez vous à leurs place. Nous devons valider un accord si nous mettons nos enfants à l’école ou pas. Donc si nous devons dans le pire des cas signer l’arrêt de mort de nos enfants.

    Cela peux paraître défaitiste mais la vie de mes enfants valent mieux que des jolies mots qui bercent les yeux qui vont pleurer.

    Evtier d’ignorer les risques. Et venez pas dire que vous les calculer regarder vos résultats.

    Bien à vous.

    un citoyen qui aime ces enfants bien plus que des belles paroles.

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