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La « Comédie Humaine » s’étoffe et s’écrit encore … – Edito 18/08/2020

Il y a exactement 170 ans, le 18 août 1850, Honoré de Balzac passait de vie à trépas. Permettez-moi de vous rafraichir la mémoire : c’était un écrivain français. Romancier, dramaturge, critique littéraire, critique d’art, essayiste, journaliste et même imprimeur. Il est l’auteur de l’une des plus imposantes œuvres romanesques de la littérature française, avec plus de quatre-vingt-dix romans et nouvelles parus entre 1829 et 1855, tous compilés sous le titre de « La Comédie humaine ». Depuis, son influence a continué à vivre par le biais d’autres grandes plumes comme celles notamment de Flaubert, Proust ou encore Zola. Des centaines d’œuvres audiovisuelles sont tirées de ses écrits.

Balzac avait ni plus ni moins que l’ambition de laisser pour la postérité une trace des mœurs de son époque, comme il le disait lui-même son projet c’était d’ « identifier les espèces sociales ». Et ce faisant, en dépeignant de manière romancée les portraits et psychoses de n’importe quel individu appartenant à n’importe quelle classe sociale, les uns interagissant avec les autres, entre luttes des classes, de pouvoir et d’argent, saupoudré de frasques sexuelles en tous genres, il est devenu ni plus ni moins que l’inventeur du roman moderne. Son influence a été incommensurable, une portée mondiale, il a été l’instigateur d’un style et de méthodes de narration s’imposant comme références qui aujourd’hui encore servent de creuset aux écrivains.

170 ans après, ils sont des milliers répartis tout autour du globe à dépeindre notre drôle époque. Si dans l’absolu les mœurs de notre espèce semblent toujours découler des mêmes écueils sociaux, à savoir, grosso modo, viser le confort dans tous les aspects de sa vie avec le moins de contraintes possible y compris en opprimant ou en spoliant son prochain, pour beaucoup s’y est greffé dans notre siècle une donnée supplémentaire : la nécessité impérieuse d’exister, de compter, pour le plus grand nombre.

Quel bonheur cela aurait été de lire Balzac dépeindre les affres du genre humain autour et pendant le Grand Confinement de 2020. Cette époque où se contenter de conspuer le pouvoir en place est devenu désuet, mais où la méfiance et la défiance, la délation, le dénigrement se sont échafaudées comme nouvelles fondations des rapports de tous les hommes entre eux. Le tout avec un besoin irrépressible de prendre à témoin le plus grand nombre en clouant au pilori numérique des réseaux sociaux sa cible du moment. S’il n’est point de sot métier vous conviendrez que lorsque le jardinier se revendique avec perte et fracas plus malin que l’épidémiologiste bardé de diplômes sur les sujets de prédilection de ce dernier et fait douter sa sphère d’influence, c’est un peu le début de la fin.

De moins en moins drôle la … Comédie Humaine … n’a déjà que trop duré.

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