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La convention démocrate débute sur une image de désunion

Philadelphie (Etats-Unis) (AFP) – La convention du parti démocrate qui doit investir Hillary Clinton pour la présidentielle américaine s’est ouverte lundi à Philadelphie sur une image de désunion, les partisans de Bernie Sanders laissant éclater leur mécontentement.

L’ancienne secrétaire d’Etat, qui espère succéder à Barack Obama et devenir la première femme présidente des Etats-Unis, doit rassembler pour l’emporter face au républicain Donald Trump lors du scrutin du 8 novembre.

Mais si son rival malheureux des primaires, Bernie Sanders, a appelé à se ranger derrière elle, ses partisans, qui rejettent celle qui représente à leurs yeux une trahison des idéaux progressistes, ne décolèrent pas.

Ils ont bruyamment interrompu les premiers orateurs à chaque fois qu’ils prononçaient le nom d’Hillary Clinton, scandant: « Bernie ! Bernie ! »

Les délégués d’Hillary Clinton ont alors contré par leurs propres « Hillary! », les broncas concurrentes couvrant par moment la voix de l’élue du Congrès Marcia Fudge, qui a tenté de ramener le calme en appelant les délégués à la civilité.

Outre Bernie Sanders, la Première dame Michelle Obama ainsi que la sénatrice Elizabeth Warren, ancienne professeur de droit à Harvard et farouche militante anti-Wall Street, sont attendues à la tribune au premier jour de cette convention censée mettre en scène le rassemblement de la famille démocrate.

L’un des jeunes délégués de Bernie Sanders à avoir protesté depuis les gradins, Charles Niswander, reste persuadé que le sénateur peut encore être désigné candidat démocrate lors du vote qui aura lieu mardi à la convention.

« Aucun des délégués de Bernie ne veut d’elle », dit ce père au foyer de 28 ans, venu du Michigan. « Il n’y a qu’une seule façon d’arrêter Trump, il faut que les superdélégués votent pour Bernie ».

– ‘Trump est une brute’ –

« Trump est une brute et un démagogue », avait lancé un peu plus tôt « Bernie » aux délégués pro-Sanders réunis en marge de la convention. « Nous devons battre Donald Trump. Nous devons élire Hillary Clinton », avait-il martelé.

Les derniers préparatifs de la convention ont été secoués par la publication ce week-end par le site Wikileaks de près de 20.000 messages échangés par des responsables du parti démocrate, dérobés par des pirates informatique soupçonnés d’être liés aux autorités russes.

Ces responsables, dont la présidente du parti Debbie Wasserman Schultz, s’y montrent très critiques envers Bernie Sanders, alors que depuis le début du processus des primaires celui-ci s’était plaint de la partialité du parti en faveur de sa rivale, Hillary Clinton, notamment dans l’organisation des débats télévisés.

Déjà sur la sellette, elle n’a pas résisté à la controverse et a annoncé dimanche sa démission à compter de la fin de la convention, poussée dehors au nom de la paix au sein du parti.

Tentant d’éteindre l’incendie, la direction du parti a présenté lundi ses « sincères excuses » à Bernie Sanders, reconnaissant des « remarques inexcusables » contenues dans les emails.

L’objectif affiché de cette première journée est « de marquer un contraste saisissant avec le message sombre et de divisions de la convention républicaine, où Donald Trump a affirmé que lui seul pouvait résoudre les problèmes du pays », expliquait un responsable de la campagne Clinton.

– Moscou à la manoeuvre ? –

L’entourage d’Hillary Clinton s’est publiquement étonné que les messages internes au parti soient publiés quelques jours seulement avant la convention. Robby Mook, directeur de campagne d’Hillary Clinton, a sous-entendu que Moscou essayait d’influencer le scrutin américain.

Il a fait le lien avec des propos de Donald Trump considérés comme pro-russes, notamment lorsqu’il a dit la semaine dernière que sous sa présidence, les Etats-Unis n’interviendraient pas automatiquement pour protéger les pays baltes en cas d’agression.

« La blague du jour est que la Russie a fait fuiter les e-mails démocrates catastrophiques, qui n’auraient jamais dû être écrits (stupides), parce que Poutine m’aime bien », a réagi Donald Trump lundi sur Twitter.

Les démocrates craignent que, malgré tous leurs efforts, la polémique des emails continue d’empoisonner la convention. La présidente par intérim du parti démocrate, Donna Brazile, a prévenu que des milliers d’autres messages seraient vraisemblablement publiés prochainement. 

Dans les rues de Philadelphie, des centaines d’irréductibles de Bernie Sanders devaient battre le pavé toute la semaine.

Hillary Clinton a besoin d’une convention réussie.

Dans la foulée de la convention républicaine à Cleveland la semaine dernière, Donald Trump s’est hissé à égalité voire légèrement au-dessus de la démocrate dans deux sondages. Selon CNN, le républicain recueillerait 48% des intentions de vote, contre 45% pour Hillary Clinton.

Des partisans de Bernie Sanders manifestent leur refus de soutenir Hillary Clinton, le 25 juillet 2016 à Philadelphie. © AFP

© AFP NICHOLAS KAMM
Des partisans de Bernie Sanders manifestent leur refus de soutenir Hillary Clinton, le 25 juillet 2016 à Philadelphie

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