EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

La CPS : on marcherait pas sur la tête ? – Edito 16/11/2017

Encore un motif d’agitation. Cette fois du côté de la CPS. Notre propre rédaction relayait hier le fait qu’historiquement, pour la première fois donc, le budget de la caisse n’a pas été voté par son conseil d’administration puisqu’une majorité d’administrateurs était contre. La note présentée est en effet salée, il s’agit de valider une dépense de 372 millions de francs pacifiques sur 3 ans pour compenser les indemnités de départ à la retraite. Elles étaient plafonnées au maximum à l’équivalent de 5 mois de salaire, mais cela a été ajusté à 12 mois en début d’année.

Pour info en moyenne en France et hors accords d’entreprise, les départs à la retraite volontaires sont gratifiés au plus d’une indemnité de 2 mois de salaires plein au bout de 30 ans. 5 mois c’était déjà ce que l’on peut qualifier d’un sacré acquis social. 12 mois, par les temps qui courent cela apparaît comme un cadeau démesuré. Le régime de remboursement maladie et des retraites est en danger, la réforme de la PSG est censée les sauver mais elle n’est pas encore votée et risque sincèrement de passer au forceps. Aussi, si bien entendu j’estime qu’il est normal que d’honnêtes travailleurs aient droit à un petit pécule après des décennies de service, il y a une vraie question de décence qui se pose par rapport au montant.

Le pire là-dedans c’est que cette mesure était censée rationaliser et remplacer une totale aberration. A la CPS on était déjà grand seigneur : si vous vous faisiez licencier pour faute grave, vous partiez avec une indemnité de salaire. C’est du gros gros délire ! Donc en début d’année, c’est le syndicaliste Yves Laugrost qui se retrouve administrateur provisoire, seul membre du C.A. de la CPS. C’est lui qui seul mène les négociations, qui seul valide le protocole d’accord, et le signe. Mesdames Messieurs on le confirme en France, et ça se passe en Polynésie, on fabrique encore des roitelets omnipotents. C’est totalement surréaliste qu’un administrateur provisoire soit en mesure de cumuler tous les pouvoirs, au lieu simplement que son rôle ne soit réduit à la gestion des affaires courantes. Parce ce que du coup cela implique quoi ? Tout simplement que tout ça est légal. Immoral mais légal. Mais cela ne veut pas dire que c’est inscrit dans le marbre, ce qui est fait peut-être défait.

Car voyez-vous même si mes sources à la CPS me disent qu’au final, au bout de trois ans, une fois les retraités remplacés par des jeunots avec des salaires en bas de l’échelle des économies finiront par être réalisées. Que la mesure sera rentabilisée. Le fait est que factuellement on aurait donc pu faire de biens plus grandes économies tout de suite, au moment où on crie partout que la CPS est en péril. Mais évidemment je vous laisse juger par vous-même, comme le relevait pertinemment un internaute : 372 millions cela équivaut à financer plus de 200 emplois au SMIG pendant un an, mais les jeunes, il va falloir attendre. Allez, bonne retraite quand même à nos Matahiapo.

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2 Commentaires

  1. Bel essai Alexandre Taliercio mais j’ai lu aussi que le budget a été rejeté à une voix près, et que tous les membres n’avaient pas assisté au vote. Je pense que tu peux déjà préparer ton prochain indignatio-edito… quand la « mesure » aura été définitivement votée pas le clampin manquant et les autres hohohohohoho [email protected]

  2. Nanard
    17 novembre 2017 à 10h38 — Répondre

    Quel scandale. La CPS et ses administrateurs. Honte honte.

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