
Le gouvernement a adopté un arrêté visant à « simplifier » l’organisation de sa représentation métropolitaine, en cohérence avec ses effectifs – une douzaine d’agents, contre une trentaine en 2011 – et en la recentrant sur ses missions. Avec quelques corrections, notamment un cadrage plus strict des agents et élus qui ont droit à une prise à charge lors d’un séjour à Paris. La structure, dont le coût et l’intérêt interrogent depuis longtemps, attend, pour poursuivre sa transformation, la nomination d’un successeur pour Sarah Teriitaumihau, récemment nommée à Papeete.
Deux « pôle fonctionnels », administratif et stratégique, placés sous l’autorité de la direction, plutôt que trois bureaux distincts. La délégation de la Polynésie française à Paris (DPF) va subir une restructuration, aux termes d’un arrêté adopté ce mercredi en conseil des ministres. Car à entendre le gouvernement, l’organisation actuelle, basée sur un arrêté de 2015, est devenue « inadaptée à la réalité du service », et surtout de ses effectifs qui se sont réduits de deux tiers en une quinzaine d’années.
Objectif affiché par l’exécutif : « améliorer le fonctionnement interne » et « renforcer l’efficacité » de la délégation, chargée de représenter le Pays auprès de l’État ou de l’UE, de servir de relais à son administration, de promouvoir la Polynésie et d’y encourager les investissements, ou encore de « faire le lien avec les membres de la communauté polynésienne en métropole » et de les assister dans leurs formalités.
Moins de « personnalités » prises en charge
Un cœur de mission qui restera inchangé. Mais le texte apporte tout de même quelques retouches : la DPF ne sera par exemple plus en charge du versement des bourses et allocations de rentrée aux étudiants en France, un rôle qui est déjà assuré dans les faits, et depuis 2024, directement par la DGEE. L’arrêté vient surtout mieux cadrer l’utilisation des moyens de la délégation – elle gère notamment l’immeuble du 28, boulevard Saint-Germain, qui accueille aussi des bureaux et logements – lors des voyages à Paris.
Plutôt que les « personnalités de la Polynésie française », un terme ouvert à interprétation, seuls le président du Pays, ainsi que les membres du gouvernement, élus et personnel de l’administration bénéficiant d’une lettre de mission officielle de la présidence, bénéficieront d’une assistance pour leurs déplacements ou leur logement. Là encore, il s’agirait de la mise par écrit d’ajustements déjà lancés, d’après l’exécutif, qui parle d’une « série d’actions » engagées depuis 2023 pour « repositionner progressivement » la DPF sur son cœur de mission.
Des recrutements et près de 150 millions de francs de budget
Quelques semaines après son arrivée au pouvoir, Moetai Brotherson avait nommé Sarah Teriitaumihau à la tête de la structure parisienne en remplacement de Caroline Tang. L’avenir de la DPF est alors en question : la Chambre territoriale des comptes, qui avait déjà invité le Pays à s’interroger sur le maintien ou non de la structure en 2011, avait de nouveau pointé fin 2017, un « décalage persistant entre les moyens alloués et le service rendu », des errements dans la gestion du patrimoine, et une efficacité très perfectible auprès des usagers. Un rapport interne à l’administration a aussi confirmé, en 2021, une gestion du personnel erratique de la délégation. Un personnel qui avait déjà drastiquement baissé : d’une trentaine d’agents en 2011, ils n’étaient plus qu’une quinzaine en 2017, une douzaine en 2023… Et même neuf effectivement en poste, en 2024, d’après le Syndicat des agents publics de Polynésie qui dénonçait alors, sur fond de bras de fer avec le Syndicat de la fonction publique d’Olivier Champion, d’une ambiance des plus délétères dans le service parisien.
Le gouvernement Brotherson avait tout de même choisi de maintenir la structure, mais en la « recentrant » sur ses missions. C’était la feuille de route de Sarah Teriitaumihau, nommée en juillet 2023 en remplacement de Caroline Tang. En 2025, en plus d’un plan de formation du personnel en poste, la délégation a finalisé le recrutement de quatre nouveaux agents « pour pallier un sous-effectif chronique » et « mieux répondre aux missions de représentation et d’accompagnement par des compétences adéquates », comme le précise le projet de budget 2026. Un budget qui prévoit environ 140 millions de francs de charges de personnels – cotisations incluses – pour la DPF sur l’année, en plus de 8 millions dédiés à des actions « plus ciblées et à fort impact ». Avant ça, il faudra trouver un nouveau chef de service : Sarah Teriitaumihau a été nommée début novembre à la tête de la communication de la présidence à Papeete. Ce sera à sa ou son successeur – la fiche de poste n’a pas encore été publiée – de terminer la restructuration de la délégation.
