
Virginie Ducasse, coordinatrice antidopage à la DJS
Depuis décembre dernier, la Polynésie française a adopté une nouvelle loi pour lutter contre le dopage, en ligne avec les normes internationales. Désormais, l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) est responsable des contrôles sur le territoire, avec pour objectif de protéger la santé des sportifs et garantir des compétitions sans triche. Pour marquer ce changement, une opération Starter Antidopage sera organisé du 3 au 14 mars, avec des conférences et des ateliers pour sensibiliser les athlètes, leurs entraîneurs et tous les acteurs du sport. La Direction de la jeunesse et des sports annonce des contrôles renforcés à partir de septembre 2025.
Après plusieurs années sans véritable contrôle, la Polynésie française a adopté en décembre dernier une nouvelle loi pour lutter contre le dopage, en accord avec les règles internationales. Désormais, c’est l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) qui est chargée d’appliquer ces règles sur le territoire. Cela signifie que des contrôles pourront être effectués et que des sanctions pourront être prises en cas d’infraction.
Pour accompagner ce changement, le Pays veut « mobiliser » tous les acteurs du sport et au-delà. « Nous voulons que tous ceux qui peuvent aider, à leur niveau, s’impliquent dans la lutte contre le dopage », explique le ministère des sports. Cela inclut les services publics du Pays et de l’État, mais aussi les fédérations, les clubs, les associations sportives et même les entreprises privées.
Le top départ d’une nouvelle politique antidopage
Pour lancer cette nouvelle politique antidopage, l’opération Starter Antidopage se déroulera du 3 au 14 mars. Pendant 11 jours, des conférences et des ateliers seront proposés aux sportifs, entraîneurs et dirigeants de clubs pour les informer sur les dangers et les conséquences du dopage. Christophe Bassons, ancien cycliste professionnel et expert reconnu en la matière, sera d’ailleurs présent pour partager son expérience. « L’antidopage ne concerne pas que le sport. De nombreux services publics sont aussi impliqués. L’objectif de ce séminaire est de rassembler tous les acteurs concernés pour leur expliquer comment ce nouveau dispositif va fonctionner”, précise Kainuu Temauri, conseiller technique en charge du sport au ministère..
Éduquer avant de sanctionner
À la Direction de la jeunesse et des sports, on voit ce séminaire comme le lancement « d’une vraie dynamique pour lutter contre le dopage ». Un programme d’éducation va être mis en place pour sensibiliser tout « l’écosystème du sportif », c’est-à-dire non seulement les athlètes eux-mêmes, mais aussi leurs entraîneurs, leurs familles et tous ceux qui les entourent. L’idée est d’échanger avec eux à travers différents outils comme des tutoriels, des formations en ligne, des quiz… « Ces contenus seront accessibles sur le site de la Direction de la Jeunesse et des Sports et seront aussi relayés par un réseau d’éducateurs », explique Virginie Ducasse, coordinatrice antidopage à la DJS. Il ne faut pas juste dire c’est interdit, donc je ne le fais pas. Il faut expliquer ce que le dopage fait au corps, quels sont les risques pour la santé, mais aussi les conséquences possibles sur la famille, le club ou la fédération si un sportif est contrôlé positif. »
Des contrôles « timides » jusqu’ici
Car, bien que la réglementation antidopage instaurée en 2015, comprenait des contrôles, ils étaient rares et concernaient principalement des sportifs de haut niveau qui n’étaient pas forcément sensibilisés au sujet. Des cas de dopage ont d’ailleur été détectés, et 11 sportifs ont été sanctionnés. « C’est vrai que ces contrôles sont restés timides. Sur les 10 dernières années, on peut compter environ 500 contrôles. Ce n’est pas suffisant, c’est clair. Mais dans un proche avenir, il y aura une montée en puissance pour acculturer et accompagner tous nos sportifs pressentis, présélectionnés ou sélectionnés pour les Jeux du Pacifique. »
La nouvelle politique antidopage, pour laquelle une première enveloppe de 7 millions a été débloquée, vise aussi à permettre à la Polynésie de briller aux Jeux de 2027 « d’une manière propre ». Les premiers contrôles sont prévus dès le dernier trimestre 2025. Ils seront effectués par l’Agence française de lutte contre le dopage, et les prélèvements seront expédiés à un laboratoire métropolitain agréé. Aujourd’hui, le fenua compte deux préleveurs habilités par l’AFLD, mais l’objectif est d’en avoir quatre. Les contrôles seront de plus en plus fréquents et réguliers jusqu’en 2027. A noter que ces tests pourront avoir lieu pendant les compétitions, mais aussi en dehors, notamment lors des entraînements.