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La ferme aquacole de Hao sous la loupe de France Inter

Si les choses se précisent sur le développement du projet aquacole de Hao de nombreuses questions restent en suspend. L’émission « Secrets d’info » de France Inter s’est penchée sur ces inquiétudes. Que ce soit la pollution présente sur l’ancienne base de vie militaire durant les essais nucléaires, les ambitions gigantesques du projet ou encore les conséquences environnementales, tout est passé en revue par France Inter.

Dans un reportage de près de 30 minutes diffusé vendredi dernier dans l’émission « Secrets d’Info », France Inter s’est penchée sur les zones d’ombres du projet aquacole de Hao. Une ferme aquacole de 32 hectares sera prochainement construite par le promoteur chinois Wang Cheng sur l’atoll de Hao. Ce même atoll qui a servi de base de vie aux militaires durant les essais nucléaires. Ce même atoll où, en 2012, il a été déconseillé aux habitants de consommer du poisson plus d’une fois par mois après avoir observé des taux élevés de PCB et de métaux lourds. L’auteur du reportage, le journaliste Philippe Reltier, s’interroge sur les conditions d’installations de la ferme aquacole chinoise. D’abord les techniques d’élevage intensif utilisées par les chinois. Des techniques de reproduction de poissons dans les écloseries notamment. France Inter explique que ces techniques n’ont jamais été utilisées sur des poissons tropicaux carnassiers tels que le napoléon et le mérou dont la maîtrise nécessite normalement 10 ans…

Une production jugée « colossale »

Le reportage revient sur l’objectif de production de la Tahiti Nui Ocean Food d’un million de tonnes par an. En comparaison avec la production annuelle de crevettes d’Aquaparc est de 75 tonnes. Un million est donc un chiffre « colossal » pour l’architecte en charge des plans de l’usine de Hao, Coco Teari Taputuarai. Il explique au micro de Philippe Reltier que « techniquement la ferme actuelle ne peut pas faire ce chiffre sur Hao. En grandeur, il va falloir l’étendre à d’autres îles de la Polynésie ».

Inquiétudes environnementales

Du point de vue des conséquences environnementales, France Inter évoque des scientifiques « au mieux sceptiques au pire très préoccupés ». C’est notamment le cas de l’expert en biodiversité marine, Eric Clua, qui craint particulièrement l’asphyxie du lagon qui a déjà du mal à se drainer. Même constat pour le directeur du service patrimoine du Museum d’Histoire naturelle à Paris, Jean-Philippe Siblet : « La promiscuité génère des maladies, la concentration de produits chimiques, la prolifération d’espèces indésirables liée à la concentration d’aliments. Compte tenu des volumes, des superficies et des quantités, les conséquences seront immanquablement importantes sur les écosystèmes ».  France Inter précise notamment que Jean-Philippe Siblet a demandé un moratoire sur le projet aquacole de Hao. A l’Ifremer, le directeur, Benoit Beliaeff, s’inquiète de la consommation d’algues toxiques par certains poissons qui serviront de nourriture aux poissons d’élevage. La toxicité n’en serait que plus importante. Et sur l’humain : « l’intoxication existe à différents stades, et dépend de la dose que vous recevez : de la simple démangeaison à la mort ».

Pour conclure, le journaliste s’interroge sur la responsabilité en cas de catastrophe environnementale et sanitaire. Pour le sanitaire, le ministre de l’Economie bleue, Teva Rohfritsch renvoi la responsabilité à la France. Et pour l’impact environnemental, Philippe Reltier évoque l’absence de lois pollueurs-payeurs en Polynésie. Pour la responsabilité il conclu donc par « Mystère… Personne peut-être ? ».

Retrouvez ici l’intégralité du reportage de France Inter.

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