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La justice enquête sur la fraude rocambolesque qui a touché Vinci

Paris (AFP) – Un communiqué mensonger, un faux démenti, une action qui dégringole: le parquet national financier enquête sur la fraude rocambolesque qui a touché Vinci, géant français du BTP, et provoqué la stupeur sur la place boursière parisienne.

L’enquête préliminaire ouverte la semaine dernière porte sur des soupçons de « diffusion d’informations fausses ou trompeuses de nature à agir sur les cours », a appris lundi l’AFP auprès d’un porte-parole du parquet. 

Cette « enquête d’initiative » a été déclenchée « dès la révélation de l’affaire », sans attendre le dépôt de plainte annoncé vendredi par le groupe de BTP, a-t-on précisé de même source.

L’enquête devra permettre de déterminer dans quelles conditions le mystérieux communiqué au nom de Vinci a été diffusé à la presse, dans quels buts, et avec quel impact sur le cours du titre de l’entreprise du CAC 40. 

Tombé mardi dernier, aux horaires d’ouverture de la Bourse, ce communiqué de presse mensonger d’origine inconnue, selon Vinci, annonçait une révision des comptes financiers du groupe et le renvoi de son directeur financier après la découverte de supposées erreurs comptables. 

Il avait été repris par certains médias et dans la foulée l’action Vinci avait décroché de près de 19%, faisant fondre de près de six milliards la valeur en Bourse du groupe, tombée à 30 milliards d’euros.

Les événements avaient pris un tour rocambolesque avec l’arrivée d’un faux démenti, environ une demi-heure plus tard, suivi d’un démenti, formel, et cette fois authentique de Vinci.

La tempête boursière est retombée, mais au final, le titre a tout de même perdu 3,76% à 58,80 euros.

– « Usurpation d’identité » –

Les grands groupes mondiaux font régulièrement l’objet de ce type de falsifications, dont les motivations sont diverses.

A la lumière de son enquête interne, Vinci estime qu’il n’a « pas été victime d’un piratage informatique mais d’usurpation d’identité ».

Le groupe a annoncé avoir porté plainte contre X pour « diffusion de fausses informations de nature à agir sur les cours », « escroquerie en bande organisée » et « contrefaçon d’oeuvre de l’esprit ».

« Nous attendons que l’enquête (judiciaire) établisse quel est l’auteur de cette manipulation », a déclaré l’avocat du groupe Jean-Pierre Versini-Campinchi, joint par l’AFP.

Le faux communiqué, mis en ligne sur un site internet miroir — réplique fidèle du vrai site — mais avec une fausse adresse web (vinci.group et non vinci.com), comportait le nom du véritable responsable des relations presse, tout en mentionnant un faux numéro de téléphone. 

L’affaire est désormais dans les mains des magistrats financiers qui, au terme de leur enquête, peuvent décider de classer ou saisir un juge d’instruction. 

Les investigations, confiées à la brigade financière de la préfecture de police de Paris, se dérouleront en lien avec l’Autorité des marchés financiers (AMF), qui a aussi déclenché une enquête afin de « déterminer toutes les responsabilités » après ce « grave dysfonctionnement du marché ». 

Le gendarme de la Bourse va notamment s’attacher à « vérifier qui pourrait avoir tiré profit » de cette affaire exceptionnelle sur la place financière parisienne, « via une possible manipulation de cours ».

Une assemblée générale de Vinci, le 19 avril, à Paris. © AFP

© AFP/Archives DOMINIQUE FAGET
Une assemblée générale de Vinci, le 19 avril, à Paris

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