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La liberté est-elle un dû ? Se mériterait-elle ? – Edito 29/04/2020

“I’m Free” comme dirait Stevie Wonder, je suis libre, vous êtes libres, nous sommes tous libres. En tout cas on l’est plus qu’hier, mais l’est-on autant qu’avant le 20 mars. Non, bien sûr, ce n’est pas possible encore. Nous sommes donc « libres à condition que ».

En cela le sujet du Bac de Philo de la série S l’an dernier était étrangement prophétique. Les lycéens devaient répondre à cette problématique « Reconnaître ses devoirs, est-ce renoncer à sa liberté ? ». Cela fait froid dans le dos de se dire à quel point tenter de répondre à cela maintenant, même lorsque l’on n’est pas élève de terminale, relève de l’enjeu tant nous faisons face à un paradigme inédit du « vivre ensemble » post Grand Confinement.

Car il s’avère justement que notre apparente et quantifiable liberté d’aujourd’hui dépende justement de la plus parfaite compréhension des enjeux de notre strict respect des nouveaux devoirs qui l’accompagnent. Par exemple ne pas scrupuleusement s’astreindre à respecter les gestes barrières, pour se protéger soi-même certes, mais surtout pour protéger les autres équivaudrait chacun à devenir acteur d’une forme de terrorisme sociétal. Il nous est rendu ce mercredi une forme de liberté, mais elle n’aura jamais été aussi fragile. En quelques jours à peine elle peut nous être reprise si nos comportements ne sont pas au niveau des adultes responsables que les autorités nous enjoignent à incarner plus que jamais.

Aussi, et nonobstant l’argumentaire qui était valable en juin 2019, il apparaît en ce mois d’avril 2020 que reconnaître ses devoirs et s’y astreindre ce n’est pas renoncer à sa liberté mais plutôt lui assurer sa subsistance et capitaliser sur son futur retour à son plein potentiel.

Il est des esprits chagrins, des insatisfaits chroniques, des antisystèmes qui argueront que la liberté n’est qu’illusion s’il leur est impossible de choisir de risquer de tomber malade ou pas et de l’assumer. En s’affranchissant de reconnaître des devoirs impérieux, cette émancipation pourtant toute artificielle qu’ils croiront avoir reconquise, pourrait équivaloir au trépas accéléré d’autrui. Et jusqu’à preuve du contraire la liberté la plus précieuse c’est celle de pouvoir s’ériger pour empêcher l’autre de se sentir libre de nous occire.

La liberté peut être abusivement perçue comme un dû, au final nous nous rendons bien compte qu’elle se mérite, sachons donc nous en montrer dignes.

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1 Commentaire

  1. Bounhoure
    29 avril 2020 à 15h35 — Répondre

    Et oui notre liberté s’arrête là où commence celle des autres et cela est valable dans beaucoup de domaines. Liberté d’écouter la musique que l’on veut sans l’imposer aux autres, conduire oui mais en respectant le code pour ne pas mettre en danger la vie des autres…..

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La liberté est-elle un dû ? Se mériterait-elle ? – Edito 29/04/2020