EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

La malbouffe pour se sentir vivant ? – Edito 23/04/2020

Il y en a donc qui en métropole on fait hier plus de 3h de queue dans leur voiture pour profiter de la réouverture du drive de la plus célèbre des chaînes de fast-food mondiale. Du simple fait que nous soyons dans une société de libertés j’estime qu’à partir du moment où un adulte doté de discernement choisi de s’acheter un repas rapide, il fait ce qu’il veut, il doit l’assumer.

A partir du moment où les 2000 calories de votre double burger, de vos frites et de votre limonade sont un petit plaisir que vous vous faites à l’occasion et, que le reste du temps, vous êtes non seulement raisonnable et en plus que vous avez une activité physique régulière, alors soit, pas de procès d’intention à vous faire.

Toutefois 3h de queue juste pour retrouver un goût des plus industriels c’est à mon sens plutôt révélateur d’une forme d’addiction. Je serais d’ailleurs curieux de voir ce que cela donnerait au Fenua si un assouplissement dans le même sens était mis en place. Car ne nous leurrons pas, le profil type du client de fast food, ce n’est pas le beau gosse sportif. La cible est large mais le problème est flagrant quand des personnes qui sont déjà en état d’obésité morbide se lâchent plusieurs fois par semaine sur de la junk food.

On dit que manger sainement ça représente un coût, certes, je suis d’accord, j’ai moi-même dans cet édito eu l’occasion de dénoncer le prix de certains légumes frais, comme la salade par exemple. Toutefois quand on a 1500 Fcp plusieurs fois par semaine pour se prendre sa dose dans un fast food cela laisse songeur. Des alternatives plus saines au même prix existent. Qu’une addiction soit à l’origine de la manière compulsive dont on consomme ce genre de nourriture est une chose, mais même si une chimie interne se met en place, et il est clair que ça n’aide pas, il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’un choix.

Quand on trouve les moyens de s’acheter deux caisses de bières par personne le weekend soit environ 9000 Fcp par tête, on aiderait son espérance de vie à atteindre de nouveaux sommets en choisissant … de moins pisser, mais d’acheter avec la différence des blancs de poulet congelés au lieu de boîtes de punu pua’atoro.

C’est par l’éducation, la lutte contre les addictions et autres comportements à risque que l’on permettra à l’humain, pas seulement au polynésien, de s’affranchir des mauvais réflexes. A la base de tout ça : la connaissance, certes, mais pour qu’elle s’imprime efficacement dans les cerveaux il faut redonner aux foules le goût d’apprendre. Rendre les gens gourmands de savoir les feront maigrir. Voilà un beau défi pour la vie d’après le confinement.

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2 Commentaires

  1. 23 avril 2020 à 12h07 — Répondre

    Bonjour Alexandre,
    Merci pour ce choix de sujet et la façon de l’avoir abordé.
    Pour avoir été fan de mal bouffe toute ma vie avant de faire ma révolution alimentaire il y a six ans je confirme que l’éducatio, le plaisir sont des clés essentielles pour un bon changement durable.
    Depuis ce sujet me tient particulièrement à coeur❤️ .
    De plus les conséquences vont bien au-delà de la santé.
    Notamment l’impact considérable sur l’environnement et sur un choix de mode de société.
    Et ainsi que le prouve l’épigénétiques science récente qui étudie l’ADN, les liens entre alimentation et comportements, relations sociales peuvent être considérablement modifié en fonction de notre environnement et notamment de notre alimentation.
    C’est pour ça que j’ai à cœur de partager mon chemin personnel et mes compétences, que j’ai mis en place un projet d’accompagnement vers la transition pour une cuisine santé qui devrait voir le jour en août et sur lequel je serai ravie de partager avec toi et avec les auditeurs intéressés.
    Merci et à bientôt j’espère

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La malbouffe pour se sentir vivant ? – Edito 23/04/2020