EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

La « Missologie » devient pretexte à la haine – Edito 27/06/2019

Il est toujours surprenant, pour ne pas dire hallucinant, de constater à quel point existe une véritable frénésie autour des concours de Miss dans notre Pays. Cela donne parfois nettement l’impression que certains vivent une vie par procuration, celles dont ils rêveraient secrètement, celles qui leur est inaccessible soit parce qu’ils ne sont pas nés avec le bon sexe, ou plutôt parce qu’ils n’ont pas vraiment le physique de la situation.

La « Missologie » est donc devenue une nouvelle science humaine du quotidien des polynésiens qui aurait plutôt tendance à faire ressortir tous les travers, et justement les moins humains. J’ai déjà eu l’occasion ici de m’insurger contre tous ceux qui prennent zéro recul et qui affublent de tous les pires adjectifs celles qui finissent par briller mais qui ne figuraient pas dans leurs favorites. Le dénigrement et la délation en public, notamment sur les réseaux sociaux, sont apparemment les seuls amortisseurs inertiels que l’on dégaine quand ceux qui en avaient le pouvoir n’ont pas abondé dans le même sens.

Et on n’hésite pas à sombrer dans la bassesse, et vas-y qu’elle est trop claire de peau, ou encore qu’elle ne parle pas le tahitien. C’est ce qui immanquablement émerge lorsqu’aucun autre argument ne pourrait sérieusement être opposé. Revêtir opportunément la panoplie du petit xénophobe chantre de la culture et de l’identité Maohi de service, n’effraie même plus. Être bête et méchant quand son orgueil est atteint devient la norme quand on est convaincu de détenir le monopole du bon goût.

Heureusement qu’on ne fixe pas un nuancier de couleur restrictif pour avoir le droit de se porter candidate. Et si seules celles qui maitrisaient la langue tahitienne pouvaient décrocher le précieux sésame, le casting final serait réduit à peau de chagrin. Et oui il faut le dire ça. C’est bien sympa que les lauréates de ces concours parviennent au final à prouver qu’elles sont capables de répondre à des interviews avec aisance, c’est aussi l’occasion pour elles de rappeler que dans une majorité de cas elles suivent des études supérieures. Elles ne sont donc pas juste jolies.

Toutefois, en toute objectivité, sans ne vouloir fâcher personne, mais en étant totalement honnête intellectuellement : peut-on convenir qu’à 90%, au bas mot, ces jeunes filles lorsqu’elles défilent sur scène sont jugées sur leur charme, leur allure et leur physique ? Ce, avec toute la subjectivité propre à chacun et donc aussi inhérente aux goûts de chaque membre d’un jury officiel ; qui je le rappelle en fonction de sa composition pourrait ne pas décider majoritairement du même résultat face au même casting. Il y a donc une part de hasard et dans ce cas pourquoi se faire du mal ? Pourquoi gâcher le plaisir de ces demoiselles ? Pourquoi prendre le prétexte de ce qui n’est qu’un divertissement pour salir ?

J’ai bien peur que la capacité à s’offusquer et à baver du fiel pour des choses aussi futiles soient l’illustration d’un mal bien plus grand, une gangrène morale et sociale qui met à mal la Polynésie d’aujourd’hui pourtant plurielle dans l’essence de ce qui la compose.

Article précedent

Première formation diplômante en permaculture à Tahiti

Article suivant

Football – Jeux du Pacifique : Du renfort pour nos sélections

1 Commentaire

  1. TAINA COLOMBANI
    4 août 2019 à 21h04 — Répondre

    Ouawww ! Je ne te le fait pas dire Alex ! Je crois que beaucoup de ces personnes médisantes sont tellement frustrées, ne savent pas vivre,s’imposent et imposent une austérité stérile et stérilisante, alors il en ressort une laide aigreur qui essaye de se poser contre la beauté, la liberté innocente, le rêve, l’intelligence et la gentillesse en même temps.
    En tant que femme pas trop moche jeune et pleine de rêves et de joie de vivre j’en est fait les frais toute ma vie.
    J’ai laissé des « faux aimants » me mettre d’office un bandeau sur la tête pour m’empêcher de voir la lumière, de rêver, de m’habiller et même de sourire. Aujourd’hui à 41 ans, j’ai repris ma liberté que plus jamais personne ne pourra atteindre et je reviens vers vous rayonnante en sortant de mon vieux placards, tous mes vieux rêves…et qu’importe mon âge, mon coeur bas encore et pense à vous…

    Taina C.

Répondre à TAINA COLOMBANI Annuler la réponse.

PARTAGER

La « Missologie » devient pretexte à la haine – Edito 27/06/2019