EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

La nature reprend ses droits. Pour de bon ? Pas sûr. – Edito 19/03/2020

En parallèle de toutes les annonces de nouveaux cas de contagions, de décomptes funeste du nombre de trépas de pays en pays, on tente de s’accrocher à tout ce qui pourrait remonter le moral, donner de l’espoir.

Ainsi, pour tous ceux qui doutaient encore du réel impact de l’activité humaine sur l’environnement, il n’aura fallu attendre que quelques jours pour en avoir le cœur net.  Donc la Chine qui était encore il y a quelques semaines responsable de 29% des émissions de dioxyde de carbone dans l’atmosphère avec plus de 1000 centrales à charbon en activité a permis depuis ses mesures de confinement de diminuer de 6% ces émissions globales. La pollution par les particules fines est également à la baisse en Chine, avec une diminution de 20 à 40%. Le ciel redevient bleu au-dessus des mégalopoles telle Pékin.

En Italie à Venise, la ville retrouve la clarté de ses eaux dans les lagunes, les poissons reviennent. Une genette, un petit mammifère nocturne qui ressemble à un chat et qui se faisait rare et discret a même été aperçu dans les calanques de Marseille.

Alors faut-il pour autant crier victoire avec le retour en force de la nature qui reprendrait ses droits. En fait non, ou plutôt pas encore. Cela dépend d’une donnée capitale. Va-t-on une fois la pandémie de Covid-19 mondiale sous contrôle ou éteinte reprendre immédiatement nos bonnes vieilles habitudes ? Si c’est le cas cela n’aura été qu’une éclaircie de courte durée, une sorte de répit dont les effets ne se seront pas suffisamment inscrits dans le temps pour avoir des répercussions bénéfiques durables. Il est donc impératif que la grave crise sanitaire mondiale dans laquelle nous nous trouvons accouche lorsqu’elle sera réglée d’une prise de conscience massive à l’échelle planétaire.

Dans ces proportions notre interdépendance basée sur le modèle du capitalisme tout puissant pour nous procurer les moyens de subsister lorsque nous devons être confinés est la démonstration que nous sommes une espèce faible. Quand les mentalités elles-mêmes portent au pinacle le fait de ne penser qu’à sa gueule plutôt que de rationaliser pour la survie du genre humain dans son ensemble, c’est déjà un aveu d’échec flagrant par rapport au comportement d’espèces que nous regardons de haut et que nous écrasons, comme les fourmis par exemple. A ce titre je ne saurais que trop vous conseiller la lecture des ouvrages de Bernard Werber qui est un de mes auteurs préférés et que je vous invite à découvrir puisqu’il est possible que vous ayez bientôt beaucoup de temps pour cela …

J’aimerais développer davantage cependant, je n’en ai pas le temps ici et maintenant, ce sera par épisodes. Mais indéniablement l’âge de raison pour notre humanité et le berceau dans lequel elle évolue se doit d’être atteint à brève échéance. Il est à notre portée, nous devons repenser, de force s’il le faut, la manière de coexister sur la Terre les un avec les autres et avec les autres « créatures de Dieu » sous peine qu’un jour elles évoluent sur les vestiges de notre civilisation.

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