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« La Nouvelle-Calédonie est profondément au sein de la République française », dit le loyaliste Gil Brial

©CP/Radio1

Gil Brial, 2e vice-président de la province Sud de Nouvelle-Calédonie, et président du Mouvement populaire calédonien, qui fait partie de l’alliance loyaliste autour de Sonia Backes, était l’Invité de la rédaction de Radio1 ce mardi. Pour lui, le processus de décolonisation en Nouvelle-Calédonie est terminé ; il faut à présent s’accorder sur le futur statut. Gil Brial dénonce l’attitude des indépendantistes et leurs « caprices » alors que la situation économique et les comptes sociaux calédoniens sont mal en point.

Alors que la Nouvelle-Calédonie a procédé aux trois consultations référendaires sur l’indépendance prévues par l’accord de Nouméa, et répondu « non » à chaque fois, les loyalistes considèrent que le processus de décolonisation, surveillé par les observateurs de l’ONU, est à présent terminé.

Reste donc à réunir le comité des signataires pour l’étape suivante : discuter de l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, et le proposer aux électeurs calédoniens avant juin 2023. Mais les indépendantistes, dont certains voudraient refaire cette 3e consultation réalisée en période de « deuil » Covid, ont déjà fait savoir qu’ils refusaient de se rendre à Paris, et réclament des discussions bilatérales avec l’État.  Une « posture » que Gil Brial qualifie de « caprice » : « Les indépendantistes ont boycotté le 3e référendum, mais de toute façon ils avaient perdu le premier, et perdu le 2e. Ça ne me dérange pas qu’il y ait des bilatérales avec l’État, nous en avons aussi. Ce qu’il ne pourra pas y avoir, ce sont des négociations bilatérales, et encore moins d’accord. L’avenir de la Nouvelle-Calédonie s’écrira à trois. Je pense qu’ils se sont enfermés dans une position, et qu’ils ont du mal à en sortir. »

Un statut et un corps électoral à redéfinir

Reste aussi à savoir qui votera en juin 2023 sur ce « référendum de projet » pour décider du type de statut. Les « dispositions transitoires » qui en tiennent lieu depuis l’accord de Nouméa doivent donc prendre fin l’an prochain, mais il faut aussi décider de la composition du corps électoral. Celui-ci est entier pour les élections de type national (présidentielle, municipales, européennes…), restreint aux résidents installés avant novembre 1998 pour les provinciales (l’équivalent des territoriales en Polynésie), et encore plus restreint, aux résidents installés depuis fin 1994, pour les trois référendums d’autodétermination.

Si la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie sont les collectivités qui bénéficient de la plus grande autonomie parmi les outre-mers français, les loyalistes souhaitent également une certaine rationalisation de l’organisation du territoire : « On a plus besoin de réorganiser les compétences. Nous sommes les spécialistes du millefeuille de compétences, c’est compliqué et ça coûte cher », dit Gil Brial.

Dans ce contexte compliqué, la nomination de Sonia Backès, qui mène la coalition loyaliste, au gouvernement central et qui plus est au secrétariat d’État à la citoyenneté, n’est-elle pas de nature à envenimer la situation ? Comment peut-elle participer à la sortie de l’accord de Nouméa avec deux casquettes, celle de chef de file des loyalistes et celle de ministre national ? Pour Gil Brial, après 30 ans d’incertitude la nomination de Sonia Backès, « c’est un signe de l’État, la reconnaissance que la Nouvelle-Calédonie est profondément au sein de la République française. »

Gil Brial ne craint pas un regain de violence politique en Calédonie : « Nous sommes un pays de personnes au sang chaud, ça fait partie de ce que j’appelle le caprice des indépendantistes, et souvent l’État a cédé par rapport à ça, on agitait comme un chiffon rouge la menace du retour aux événements. Moi je ne crois pas à ça. Et les référendums se sont déroulés de manière très calme. »

Les loyalistes tentés de faire chuter le gouvernement Mapou

Un an après l’accession de l’indépendantiste Louis Mapou à la présidence du gouvernement, qui reste collégial et regroupe donc les différentes tendances du spectre politique, Gil Brial se déclare en faveur d’une prime majoritaire comme en Polynésie. Alors que le Congrès calédonien, qui élit l’éxécutif, doit renouveler ses instances le 30 août prochain, il admet que le camp loyaliste, impatient notamment de relancer l’économie et l’investissement, est tenté de faire tomber ce gouvernement, « mais pour l’instant on n’a pas la majorité », reconnaît-il.

 

Protection de l’emploi local : l’expérience calédonienne

La Nouvelle-Calédonie, la loi sur l’emploi local est en application depuis 2012, alors qu’en Polynésie, un dispositif similaire voté en 2019 attend encore sa mise en œuvre, conditionnée à une cartographie précise des secteurs où le recrutement serait trop biaisé en faveur de personnes extérieures.  Pour Gil Brial, « c’est bien, mais il faut quand même, en parallèle, une forte promotion des compétences, il faut faire un gros effort pour élever le niveau général. » Et il souligne aussi que le dispositif doit être « agile » pour s’adapter aux conditions économiques changeantes, faute de quoi la loi deviendrait un obstacle de plus pour les entrepreneurs et les investisseurs.

Quant à la nécessaire réforme de la protection sociale qui se profile en Nouvelle-Calédonie comme en Polynésie, elle s’achemine forcément vers des cotisations plus élevées et des remboursements en baisse, dit Gil Brial.

 

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