EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

La nouvelle course à l’Espace – Edito 07/12/2020

Vous savez comment ça marche, l’histoire semble immuablement se répéter par cycles réguliers. Il y en a cependant un qui est plus vertueux que les autres, c’est celui de la course à l’espace qui vaut bien mieux que celle à l’armement. Dans les années 50 et 60 si les USA et la Russie dépensaient sans compter pour être les premiers à mettre quelque chose en orbite, puis un animal, puis un humain et enfin envoyer des hommes sur la Lune, une fois que toutes ces prouesses ont été réalisées les dépenses ont été rationalisées. Certains diront même que ce faisant, il y a même eu une régression. Mais ce qui existe aujourd’hui et qui n’était même pas envisageable en ce temps-là, c’est le concours du privé dans la conquête des étoiles. Aujourd’hui la NASA aux USA dépend de la firme d’Elon Musk, Space X, pour ravitailler la station spatiale internationale et y envoyer des astronautes. En outre le programme d’un retour d’un équipage sur la Lune repose sur une coopération public/privé sans quoi les délais fixés par Trump à savoir 2024 ne pourront être tenus, même pas en rêve.

Cependant si le modèle économique qui consiste à incarner à la fois un opérateur privé de lancements de satellites et de chauffeur de maître pour la Nasa marche déjà sur le papier, il est loin de refléter les réelles ambitions à terme de ces nouveaux entrepreneurs. Je vais vous mettre sur la piste. Ainsi, la Nasa va lancer en 2022 une sonde programmée pour s’approcher au plus près de l’astéroïde « Psyche 16 » d’ici 2026. Ce dernier enthousiasme tout le monde car sa valeur est absolument colossale. En raison de sa composition faite d’or et autres minerais précieux, il est estimé à plus de 630 quintillions d’euros. Ce sont des centaines de milliers de milliards d’euros. L’agence américaine n’a absolument pas les moyens de le miner et d’en ramener une partie sur Terre. Personne d’ailleurs, en tout cas pour l’instant … Car vous l’avez vu venir, le secteur privé à moyen terme se voit très bien mettre le grappin sur des gros rochers flottants dans le vide intersidéral s’il s’avère que leur exploitation est rentable.

Cela date de ces derniers jours à peine : le Japon et la Chine ont envoyé dans l’espace des engins afin de récolter des échantillons et les ramener sur Terre : d’un astéroïde carboné pour le premier, du sol lunaire pour le second. Les deux missions ont été couronnées de succès. Ainsi, les anciennes puissances spatiales comme les USA, l’Europe et la Russie sont challengées. Il n’est plus question d’être à la traîne. Entre les prouesses de puissances émergentes dans le secteur, et le privé qui brille par son excellence et son dynamisme, les enjeux à terme sont trop stratégiques pour ne pas se remuer. Tant pis pour le simple esprit pionnier qui animait la course à l’espace à ses débuts, c’est le capitalisme à envergure stellaire qui ainsi servira d’accélérateur au passage de notre espèce, l’homo sapiens, à l’homo spatialis.

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