EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

La nouvelle hiérarchisation des compétences – Edito 03/04/2020

Il est absolument nécessaire que ce confinement soit porteur de sens pour nos familles. Pour certaines il est totalement inédit d’être à ce point et aussi longtemps bloqués ensemble sous le même toit. S’il est illusoire de se dire qu’il est possible de refaire l’éducation de ses gamins en quelques semaines, là par contre il y a largement au moins le temps d’échanger, de se parler, de transmettre aussi.

On va éviter les clichés sexistes sur ce qu’un garçon ou une fille devrait chacun connaître ou savoir faire à tel ou tel âge, et plutôt se dire qu’il est de nos jours inutile que les compétences soient « genrées », c’est-à-dire liées à un sexe plutôt qu’un autre. En partant de là il est donc important de faire le bilan de ce que votre progéniture maîtrise en effet. En fonction du contexte social, en gros le degré de « marche ou crève » fluctuant et inhérent si vous êtes une famille de la ville ou une famille des champs, certains seront plus à l’aise dans ceci ou cela, l’idée est donc d’identifier les compléments dont ils auraient besoin pour s’en sortir.

Ainsi, si votre enfant ne sait pas faire la lessive, ni passer la serpillère et encore moins utiliser un fer à repasser mais qu’il sait égorger, saigner et vider un cochon difficile de le blâmer, vous en conviendrez … Parce que disons-nous les choses, au rythme où ça va, dans un monde capable de céder à la panique aux premiers signes en se ruant sur le papier toilette que l’on va stocker plus que de raison jusqu’à en priver son prochain ; dans une société où la délation est capable de germer aussi vite au premier prétexte car on soupçonne des risques irrationnels d’infection, etc. etc. il n’est pas impossible que les adeptes de la théorie du grand effondrement, les collapsologues, aient raison à plus ou moins brève échéance. Aussi, si les gouvernements venaient un jour à tomber, que l’anarchie et l’instinct de survie soient les nouveaux fondamentaux de notre quotidien, porter une chemise bien repassée revêt bien moins d’enjeux que de savoir braconner un bon gibier sauvage.

Absurde et drôlerie mis à part, l’époque est donc peut-être propice à ce que nous nous mettions en quête d’acquérir et/ou de transmettre des compétences qui permettraient de nous affranchir au maximum d’un système qui nous a rendu ultra dépendants. Si j’avoue que j’en viens à avoir envie d’apprendre à faire du pain, je me surprends pourtant de quelque chose d’autre. Jamais je n’aurais cru qu’un jour j’en viendrais à avoir envie de savoir couper des cheveux. Oui écoutez, le côté homme des cavernes hirsute en pleine fin du monde c’est tellement oldschool, rien n’interdit d’avoir un peu de classe pour aller traquer le goret …

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