EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

La Planète des Singes, pour de vrai ? – Edito 25/11/2020

Par nature vous êtes d’accord avec moi qu’au cinéma ce qu’on appelle un « blockbuster » c’est un film qui bénéficie d’un énorme budget non seulement par rapport à ce qui est investi directement dans ce qui se voit à l’écran, mais aussi en termes de campagne de communication et marketing ? Même si vous n’allez pas le voir au ciné, vous allez en entendre parler, vous allez voir des extraits et à coups sûrs quelques mois plus tard il y a de fortes chances que vous tombiez dessus sans avoir à débourser un franc car une chaîne de télé en aura fait son prime time. Quant au demeurant il s’agit de films qui bousculent les codes, qui parviennent à insuffler quelque chose de nouveau dans la profession, qui engendrent un engouement énorme auprès du public et qu’ils deviennent à ce point légendaires que plusieurs décennies plus tard des studios investissent sur des suites voire des préquels, à moins de vivre dans une grotte, on percute.

Si je vous cite La Planète des Singes ça doit bien vous parler non ? Bah oui. Donc j’ai besoin de comprendre : qu’est-ce que certains – entre guillemets -« scientifiques » n’ont pas compris ? Ce que je m’apprête à vous dire est totalement vrai : on apprenait hier que des chercheurs d’instituts allemands et japonais avaient injecté avec succès un gène humain à … un singe. Résultat des courses, le cerveau de l’animal a doublé de volume. Mais à quoi ça sert de faire ça ? Pourquoi encore jouer à Dieu de cette manière ? Qu’est-ce qu’on s’en fiche qu’un chimpanzé ou en l’occurrence ici un ouistiti ça ne soit pas très fute fute ?

Deux choses m’interpellent. La première : ces pauvres bêtes qui n’ont rien demandé à personne, qui passent leur vie dans des labos et dont on tripatouille le génome de leur descendance. La deuxième, la très convenue éthique de ces chercheurs qui s’obligent à détruire le fœtus pour qu’il n’arrive pas au terme de la gestation. Sauf que voilà, maintenant il y a des dizaines de Dr Mengele en herbe qui savent précisément le gène à injecter dans un embryon de singe pour que le néocortex, le siège de l’intelligence, se développe contre nature dans des proportions aberrantes. Et vous connaissez tous la légende que rien ne s’échappe des labos ultra sécurisés n’est-ce pas ? …

A tous ces scientifiques en mal d’inspiration j’ai très envie qu’à un moment donné ils puissent se faire des séances de rattrapage de certains films pour savoir à l’avance qu’ils ont eu une fausse bonne idée. Pêlemêle et en urgence, ce weekend je leur propose de voir : La Mouche, car la téléportation en laissant un insecte faire le voyage avec soi c’est sale ; L’homme invisible, parce ce que … alors déjà parce que c’est pas pratique de ne pas voir où on met les pieds, et puis … parce que ça fait du dérangement ; ah oui, et tant qu’on y est, juste au cas où, un petit classique : Frankenstein, parce que personne n’a envie de croiser un grand dadais au teint verdâtre dont le corps est un patchwork de membres rafistolés. Comme quoi une piqûre de rappel parfois ça peut être pas mal aussi.

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