EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

La profusion de contenus ou le talent dilué – Edito 21/12/2020

C’est bizarre comme sensation lorsque l’on se sent encore jeune de verser de plus en plus dans une forme de nostalgie du temps d’avant. Longtemps dans mon secteur d’activités j’ai moi-même été réfractaire à l’encontre d’un paternalisme que je trouvais dégoulinant de la part de certains de mes aînés, mais avec le temps je me rends compte que tout n’était pas à jeter et que j’étais alors bien trop orgueilleux pour l’apprécier à sa juste valeur.

On a beau être féru de nouvelles technologies que l’on se complait à vouloir maîtriser pour ne pas être largué face aux nouvelles générations, modestement, et je le pense sincèrement, objectivement, la maîtrise d’un outil ne fait pas tout. Et ce, malheureusement, contrairement à ce dont ont l’air d’être convaincu les jeunes créateurs de contenus sur des plateformes telles que Youtube, Facebook ou Tiktok qui drainent des audiences de moins en moins négligeables.

Être capable de s’auto-produire en format 4k et de s’affranchir des contraintes historiques de diffuseurs pour livrer ses contenus directement à son audience est certes une prouesse. Toutefois le fait d’y parvenir sans le contrôle qualité d’un professionnel, l’est largement moins. A cela l’on pourra me rétorquer que le meilleur indicateur qui soit c’est celui représenté par son public. Après tout si l’on fédère une communauté autour de soi et de ce que l’on propose, c’est que ce doit être suffisamment bon. Et bien justement non, le piège est là. Il est tentant de croire que l’engouement d’un certain nombre de spectateurs est un baromètre suffisant pour jauger le talent, mais il n’en est rien. Cela peut parfois être le cas, mais très souvent ça ne l’est pas. Doit-on par exemple considérer les Chtis ou les Marseillais de W9 comme de « bons » programmes parce qu’ils cartonnent sur leur cible ? Moi je ne le crois pas au nom d’une forme de purisme dans l’idée que je me fais de ce que doit être une production audiovisuelle digne de ce nom qui représente une valeur ajoutée au sein d’une offre élargie. Ainsi je ne dirais pas que ce sont des programmes de qualité, mais des programmes performants.

Quand on passe directement de sa salle de classe à un home studio éclairé à la Led, que sa seule ambition est d’être connu et de compter, on prend en effet le chemin pour devenir une étoile, mais surtout une étoile filante. Pour tenir sur la durée dans un milieu où la concurrence est exponentielle ce sont ceux qui sauront aménager leur ego pour acquérir la connaissance qui finiront par faire la différence. Ceux qui ne se rendront pas prisonniers de leurs propres tics ou de leur suffisance naïve. Ce n’est pas parce que je sais a peu près utiliser un couteau de Chef, que je vais être légitime à me vendre comme un équivalent de Bocuse. Et bien dans le domaine du divertissement et de la création de contenus c’est la même chose, c’est un métier, ou l’humilité et la soif d’apprendre permettent au talent de briller d’avantage et surtout plus longtemps … Puis, dans un second temps on pourra quantifier ce qui a tendance à être aussi un mot et une notion totalement galvaudé de nos jours, l’influence. Et là, certains risqueront de tomber de haut.

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