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La rentrée du Medef marquée par la démission de Macron

Jouy-en-Josas (France) (AFP) – Le Medef a ouvert mardi sa 18ème université d’été, une première journée largement marquée par la démission du ministre de l’Economie Emmanuel Macron, alors que le patronat entend peser dans le débat électoral à neuf mois de la présidentielle.

L’Elysée a annoncé en fin d’après-midi la démission du gouvernement de M. Macron, qui a décidé de « se consacrer entièrement à son mouvement politique » En Marche!

Son portefeuille revient au ministre des Finances Michel Sapin.

Alors que M. Macron est toujours attendu mercredi devant les entrepreneurs réunis sur le campus d’HEC à Jouy-en-Josas (Yvelines), le numéro un de l’organisation patronale, Pierre Gattaz, a indiqué devant la presse qu’il était « le bienvenu au Medef dans tous les cas de figure ».

Jugeant qu’il avait été un « bon ministre de l’Economie » qui connaît « l’entreprise », « le numérique », « la mondialisation », M. Gattaz a toutefois regretté qu’il n’ait « pas été plus loin ».

« Va dans le bon sens mais aurait pu faire mieux », a-t-il jugé. « Pourquoi? le travail du dimanche, on en a fait encore un monument de complexité. Les prud’hommes, on n’a pas été jusqu’au bout de la simplification et du plafonnement des prudhommes ».

« C’est ce qui caractérise malheureusement ce quinquennat, c’est-à-dire des demi-mesures à peu près partout », a-t-il déploré, tout en saluant « le pragmatisme » de M. Macron.

A propos de M. Sapin qui hérite d’un super Bercy, M. Gattaz a souligné dans l’après-midi à l’antenne de BFM Business que « l’avantage c’est qu’on le connaît », « il y a un respect mutuel entre nous », après il faudra qu’un candidat incarne cette vision conquérante du pays, comprenne ses mutations fondamentales et libère les talents et les énergies ».

Dans les allées du campus, les entrepreneurs saluaient eux cette annonce mettant fin à l’ambiguïté. « Ca clarifie sa posture, ça va lui donner une liberté de parole qu’il n’avait peut-être pas jusqu’à présent, bien qu’il ne se soit pas retenu sur certains points », a déclaré à l’AFP Jean-François Faure, président du site d’achat d’or en ligne Aucoffre.com. « Il est fort probable que demain il ait une posture assez claire par rapport au monde de l’entreprise », a-t-il espéré.

Outre le fondateur du mouvement En Marche!, les ténors de la droite se presseront sur le campus d’HEC pour courtiser les entrepreneurs, l’ex-Premier ministre François Fillon, qui défend le programme le plus libéral, ouvrant le bal mardi.

Nicolas Sarkozy et Alain Juppé s’exprimeront mercredi, sans se croiser. 

– « Croissance forte » et plein emploi –

Les patrons présents à Jouy-en-Josas pourront aussi entendre Bruno Le Maire, Rama Yade, ou encore Jean Lassalle, député des Pyrénées-Atlantiques. A gauche, Marie-Noëlle Lienemann, représentante de l’aile gauche du PS, est attendue.

« Nous sommes à neuf mois d’une élection présidentielle majeure », a souligné dans son discours d’ouverture M. Gattaz.

Après avoir brossé un tableau de la situation en France, confrontée selon lui à quatre ruptures majeures (technologique, économique, sociétale et climatique), le numéro un de la principale organisation patronale a appelé à retrouver une « croissance forte associée au plein emploi. »

« La croissance, il faut aller la chercher, on ne peut pas l’attendre comme la pluie », a-t-il insisté, visant une hausse du Produit intérieur brut de 2%, voire 3%. « Le chômage affaiblit notre pays depuis trop longtemps », a-t-il observé.

Et pour relever les défis auxquels la France est confrontée, le patron des patrons a lancé: « une seule solution, l’entreprise! »

Il a plaidé pour des réformes dans quatre domaines, à commencer celui de la fiscalité. « Il faut une fiscalité simple, stable et lisible dans le temps », a-t-il jugé, plaidant aussi pour une fiscalité « motivante et incitative ».

Il s’est par ailleurs élevé contre l’inflation de contraintes sociales et a appelé à « déverrouiller le marché du travail » et à réformer le dialogue social, en allant plus loin que la loi travail, adoptée au forceps.

M. Gattaz s’est aussi prononcé en faveur de plus d’efforts de simplification, en arrêtant notamment de surtransposer les directives européennes, et en faveur d’une meilleure formation.

Pierre Gattaz, président du Medef, inaugure l'université d'été de son organisation patronale, le 27 août 2014 à Jouy-en-Josas. © AFP

© AFP/Archives ERIC PIERMONT
Pierre Gattaz, président du Medef, inaugure l’université d’été de son organisation patronale, le 27 août 2014 à Jouy-en-Josas

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