EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

La « richesse » humaine, plutôt que la « ressource » – Edito 01/06/2017

Hier matin sur cette antenne dans le Radio Show à 9h je recevais Laurent Devemy l’organisateur du grand congrès sur le management et les ressources humaines qui se tiendra du 7 au 9 juin prochain à Tahiti. Il était accompagné du Professeur Jacques FOREST, titulaire à l’Ecole des Sciences de Gestion de l’Université du Québec à Montréal et conférencier reconnu à l’international.

L’échange a été court mais tellement enrichissant. En dehors de tous ces aspects rébarbatifs qui sont habituellement associés à la gestion du personnel, à son management, il a été question surtout de remettre l’humain au premier plan. Pas en tant que donnée noyée dans une masse que l’on doit traiter sur des bases statistiques et selon des nomenclatures types, mais en tant que richesse plutôt que ressource. Et la nuance est extrêmement pertinente. En effet, c’est en réapprenant à regarder dans le prisme qu’il sera possible de se rendre compte à quel point aucun objectif commercial, aucune quête de performance ne saurait être achevé avec succès si l’on ne considère pas le patrimoine humain sur qui pourtant on est censé s’appuyer pour y tendre.

Il est trop souvent mésestimé mais le capital humain revêt en fait un véritable enjeu stratégique. Des études mondiales ont démontré que 6 employés sur 10 sont largement au-dessous de leur seuil de rendement minimal. Les raisons peuvent être diverses, démotivation, stress sur le lieu de travail, sentiment d’exclusion de la marche de l’entreprise, absence d’écoute et de dialogue avec ses encadrants, etc. Par les temps difficiles que nous traversons et même si des signes encourageants se font jour, lorsque en tant que chef d’entreprise sa boîte ne tourne pas comme il faudrait c’est peut-être parce que l’on n’a pas pris le problème par le bon bout. Lorsque l’on a une âme de winner, qu’on a la niaque on croit que celle-ci peut se transmettre telle quelle et sans effort à ses salariés juste parce qu’on est le chef et eux les exécutants. Ce n’est pas aussi simple dans les faits.

Un humain n’est pas un robot, on le programme pas, on le comprend, on l’encourage, on le guide. Trouver les mots et la méthode n’est pas innée et c’est pour ça que tous les chefs d’entreprises qui peuvent se le permettre devraient à mon sens participer à ce genre de congrès pour se perfectionner. Car ce n’est pas eux seuls qui en sortiront grandis d’une nouvelle approche, d’une meilleure expertise, c’est toute leur entreprise et toutes ses composantes. Et plus largement ensuite, c’est tout l’écosystème du monde du travail qui deviendrait vertueux. Ne vaut-il pas mieux veiller aux destinées de gens que l’on aura su remotiver au lieu de les laisser se scléroser et les résultats de l’entreprise avec ?

En s’appuyant sur un management bienveillant et avec de la considération, tous les objectifs auront alors le potentiel d’être visés, mais surtout atteints.

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