EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

La simple compassion ne fait pas avancer la cause des personnes handicapées – Edito 30/05/2018

Du 1er juin au 2 juillet la capitale française lance « Le Mois Parisien du Handicap ». C’est un nouveau nom pour une opération qui avait déjà pour vocation lors de sa création il y a 10 ans de combattre les préjugés et accepter l’autre dans son altérité et sa différence, dans le but de promouvoir l’apport des Parisiens en situation de handicap à la vie de la Cité, autour d’événements festifs, de conférences ou de débats. Cette initiative existe dans des formes diverses dans de nombreuses villes de métropole et d’outre-mer, il semblerait malheureusement que la situation au Fenua ne soit pas tout à fait la même.

Si le Téléthon et quelques opérations de la Fraternité Chrétienne (la Frat) permettent occasionnellement de se rendre compte que la Polynésie n’est pas, comme par magie, un territoire vierge de toutes formes de handicaps, le reste du temps et malgré l’abnégation de certains, on semble plutôt en mode « cachez ces invalides que nous ne saurions voir ».

C’est apparemment toujours le même problème, passés les élans compassionnels parfois larmoyants de responsables publics, quels qu’ils soient, il y aurait des freins irrationnels qui empêcheraient d’aller au-delà de l’intention. Résultat des courses, en Polynésie, l’environnement urbain et les lieux d’accueil du public, qu’ils soient ceux de l’administration ou du privé, restent encore largement perfectibles, le mot est faible. Et que dire de cet incivisme récurrent qui vaut heureusement des publications de dénonciation sur les réseaux sociaux, de tous ces automobilistes valides (et parfois même des véhicules de police ou de gendarmerie) qui de manière totalement éhontée occupent des emplacements de parking réservés aux personnes à mobilité réduite ?

Comme l’écrit Jacques Bey-Rozet dans un manifeste communiqué aux médias locaux ces jours-ci, « le handicap n’est pas une constante mais une variable. Pour le faire varier dans le bon sens, c’est d’abord sur les situations qu’il faut agir, afin de les rendre moins handicapantes. », fin de citation. Concernant ensuite une autre problématique qui est celle de l’intégration des personnes souffrant d’une invalidité dans le monde du travail, ce qui les rendrait justement bien plus visibles, il souligne avec beaucoup de pertinence, je cite, « qu’un handicapé économiquement intégré coûte moins cher à la collectivité … il quitterait le statut d’assisté pour devenir un citoyen productif… ».

Contrairement à d’autres qui ne parviennent pas à sortir du silence pour taper du poing et réclamer haut et fort de la considération qui se traduirait par des actes, Jacques Bey-Rozet, lui, s’insurge contre « l’indifférence et l’incurie ». Il estime que « la Polynésie française n’est pas dotée d’une politique en faveur du handicap digne d’un société moderne ». Je suis heureux aujourd’hui de pouvoir faire écho à son combat bien légitime, car vous et moi, ne pouvons que partager ce constat qu’il dresse, et ce sera le mot de la fin qui espérons-le fera réagir : « on préfère le vernis, à la réalité ».

Intégralité du manifeste de Jacque Bey-Rozet tel qu’il nous a été communiqué : 

HANDICAP MAI 18 (1)

Article précedent

Juillet 2018, un calendrier exceptionnel pour le va'a et la culture !

Article suivant

Michel Bourez aux portes des quarts de finale à Bali

Aucun Commentaire

Laisser un commentaire

PARTAGER

La simple compassion ne fait pas avancer la cause des personnes handicapées – Edito 30/05/2018