EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

DANGER ! : La « Thug Life » est à la mode … – EDITO 28/11/2016

Il y a quelque chose qui est très tendance et qui est pourtant un peu inquiétant, la Thug Life. C’est en vogue chez les plus jeunes cette expression, faire son thug, son bandit en gros. Ne pas respecter les lois et les règlements et l’afficher sur les réseaux sociaux est en train de devenir, même chez nous, la quintessence d’une sorte d’affirmation identitaire nouvelle génération. La vantardise du fait d’être hors la loi, sa généralisation passe donc comme une manière d’exister avec plus d’écho. Pourquoi ? Parce que ces jeunes gens s’imaginent que c’est le meilleur moyen de se faire remarquer, d’inciter le respect par la crainte de cet interdit que d’autres n’osent pas braver.

S’exhiber avec le matos pour se fumer un pétard ; immortaliser le moment où on touche vulgairement et en public le derrière de sa nana ; se prendre pour un super héros, bouteilles en mains, et écrire en légende de sa photo que « l’alcool c’est de l’eau » – alors qu’on sait très bien et c’est souvent rappelé que le coma éthylique, lui, ce n’est pas une simple sieste – cela nous en dit long sur la perte de repères. Et il y a des choses bien plus graves, comme se filmer en train de se battre avec quelqu’un, etc etc.

En se disant pour se rassurer qu’il faut bien que jeunesse se passe, on se voile la face et on aurait tendance à minimiser le risque de retour de bâton. Car à mon sens c’est l’accumulation de toutes ces démonstrations de Thug Life impunies qui font que l’on prend le risque de la banalisation de la transgression de l’interdit. C’est paver royalement le chemin d’une société où l’on accepterait que l’on ne parvienne à s’affirmer que par l’incivisme.

Mais quelle peut bien être l’origine du mal ? Les films violents ? Les jeux vidéo ? Pas certains qu’ils expliquent à eux tous seuls le phénomène d’une jeunesse qui se complaît à rejeter l’ordre. Car il faut se mettre un peu à leur place, surtout ici, où leurs aînés qui dans d’autres sphères, politique par exemple, se complaisent dans une forme encore plus pernicieuse de Thug Life. Bien que médiatisée cette dernière tend à s’illustrer par son impunité, ou presque. Il est certains exemples qui effectivement peuvent laisser dubitative une génération désenchantée qui se dit qu’après tout, si eux ils font ça …

C’est à ce titre qu’est primordiale l’exemplarité. Que ce soit en tant que parent mais aussi pour tous ceux qui occupent l’espace médiatique tout en nourrissant pour la plupart des velléités de veiller aux destinées d’un peuple en bons pères de famille.  Aussi les querelles de clochers, les trahisons, les détournements, la mauvaise foi, sont à l’échelle d’un village comme le nôtre des catalyseurs de jeunes cerveaux qui s’embrument. Rien n’est encore perdu, mais n’attendons pas que l’enlisement devienne dangereux avant de trouver les mots pour faire comprendre à tous ceux qui en ont besoin que non, être un Thug ce n’est pas une fin en soi.

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