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L’autorité de la concurrence sévère avec les PPN

Le mécanisme des produits de première nécessité manque largement son objectif de lutte contre la vie chère, estime en substance l’Autorité polynésienne de la concurrence (APC) dans un document publié jeudi. L’APC ouvre une consultation publique sur le sujet jusqu’au 12 novembre.

L’Autorité polynésienne de la concurrence a ouvert jeudi une consultation publique sur la question de « l’approvisionnement en produits de première nécessité ». L’APC s’est saisie du sujet des PPN le 18 février 2016 et a publié jeudi les résultats de ses investigations initiales dans un premier « document préparatoire ». L’autorité y liste une série de questions et invite « toute personne intéressée à réagir aux développements, questionnements et conclusions avant le 12 novembre 2018 à 12 heures ».

Ce document de 64 pages n’est pas tendre avec le système des PPN qui fixe un taux de marge maximal pour les produits inscrits sur la liste des produits de première nécessité.

L’objectif de lutte contre la vie chère loin d’être atteint

L’autorité polynésienne de la concurrence souligne que ce mécanisme manque largement son objectif de lutte contre la vie chère : « L’indice des prix à la consommation relatif à l’alimentation a connu une croissance de près de 25 points entre décembre 2007 (base 100) et décembre 2017 (124,18 points), soit près de 2,5 points par an », écrit notamment l’APC. « À compter du classement du thon en PPN en 2007, le prix de gros et de détail du thon n’a cessé d’augmenter. Si le prix moyen du thon, sorti mareyeur, était inférieur à 1000 Fcfp/kg en 2008 et 2009, il était compris entre 1065 et 1 130 Fcfp/kg entre 2011 et 2015 et a atteint 1330 Fcfp/kg en 2016 » à cause de « la faiblesse des quantités de poissons pêchés (de l’ordre de -90 %) ».

L’effet pervers du mécanisme des PPN

Dans son analyse, l’APC estime notamment que le mécanisme a des effets pervers : un prix plafond trop élevé a tendance à se transformer en un prix plancher, alors qu’un prix plafond trop bas incite les importateurs, grossistes et détaillants à contourner la mesure en choisissant d’autres produits non réglementés, plus chers, ou de moins bonne qualité.

Le service de l’instruction de l’APC dresse ensuite une longue liste de 50 questions, accompagnées de « pistes de réflexions », auxquelles le public est invité à répondre.

L’APC s’interroge par exemple sur l’absence de critères de définition précis des produits de première nécessité, et sur la liste très élargie des PPN polynésiens (la plus longue de toutes les îles du Pacifique).

Ajouter des critères sanitaires ou environnementaux ?

Elle se demande s’il ne faudrait pas ajouter, pour la composition de la liste des PPN, des critères socio-économiques, sanitaires ou environnementaux. La « suppression du sucre de la liste, dans la mesure où le diabète est la deuxième pathologie générant des prises en charge de longue maladie, pourrait par exemple être envisagée », ainsi que « privilégier les produits dont les contenants sont biodégradables ou pour lesquels une filière de traitement existe ou peut être développée localement ».

Selon l’APC, il serait également souhaitable de s’interroger sur la suppression de la Taxe de développement local (TDL) pour les PPN, de revoir le système du fret vers les îles en envisageant le fret aérien, d’améliorer l’observatoire des prix de la DGAE, d’aider à la création de commerces de détails dans les zones peu ou pas pourvues, ou encore de développer des coopératives de consommateurs, de circuits d’approvisionnement concurrents au commerce traditionnel.

Tout cela reste sous une forme interrogative. Il est possible de donner son avis par mail à [email protected], ou au bureau de la procédure de l’Autorité (bâtiment du gouvernement, rez-de-chaussée, avenue Pouvanaa’a Oopa).

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2 Commentaires

  1. Maraamu
    12 octobre 2018 à 21h06 — Répondre

    J’espere que le gouvernement va serieusement etudier les questions posees par l’autorite de la concurrence et revoir sa politique.
    Et les primes à l’environnement que les concessionnaires auto reclament pour soi-disant baisser le prix des voitures ressemblent plus ä des subventions qu’à des cadeaux pour les consommateurs.
    Si on veut effectivement faire baisser le cout des marchandises le gouvernement devrait supprimer le cout de transport dans le calcul des taxes.
    Il y a encore des pistes à rechercher.

  2. COROSOL
    13 octobre 2018 à 7h46 — Répondre

    Ce qui devrait être aussi rendu obligatoire dans tous les magasins, c’est d’afficher, sur les étiquettes des rayons, le prix au kilo ou au litre de chaque produit (et non pas seulement celui des légumes, fromages et viandes). Parmi la multitude de boites de conserve, de boites de gâteaux, de jus, de produits ménagers, de shampoings, etc… cela permettrait aux consommateurs de comparer les marques sans être obligés de faire un savant calcul. On s’apercevrait aussi que quelques fois, les soi-disant promotions n’en sont pas réellement.

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