EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Le Big Pharma challengé par des start-ups – Edito 05/05/2020

Il faut parfois plus d’une décennie pour mettre au point un médicament efficace contre une pathologie donnée. Plus de dix ans de recherche sur une molécule implique  que des sommes colossales soient parfois investies. Rajouter à cela ensuite le lobbying des labos qui organisent des séminaires géants tous frais payés pour courtiser les médecins afin que ces derniers le prescrivent, sans compter ensuite tout le marketing nécessaire à la mise sur le marché et vous comprenez qu’au final le médicament coûte souvent cher. Car une autre donnée est à prendre en compte, la durée du brevet correspondant. C’est-à-dire la période d’exclusivité que l’on revendique sur une invention durant laquelle on est légalement assurés d’être les seuls à pouvoir la commercialiser. La durée maximale d’un brevet est de 20 ans.

Aussi lorsque l’on créée un médicament pour une pathologie plutôt commune il est possible d’envisager de forts volumes de vente et donc de faire un effort sur le prix pour que sa durée de vie en tant que principe actif pharmaceutique exclusif couvre non seulement le coût de sa mise au point mais engrange aussi des bénéfices. De fait vous comprenez donc qu’à contrario il existe des pathologies plus rares pour lesquelles on trouve un traitement mais qui coûtera donc plus cher car son volume de vente sera restreint. C’est ainsi qu’il existe des médicaments, par exemple dans le cadre d’une thérapie génique sur une maladie orpheline, dont la dose peut coûter jusqu’à plus de 100 millions de francs pacifiques. Autant vous dire que c’est loin d’être à la portée de tous ceux qui pourraient en avoir besoin quand bien même ils vivraient dans un pays dont le système d’assurance maladie soit connu pour être habituellement généreux.

L’actuelle pandémie de Covid-19 aiguise ainsi au plus haut point les appétits tant pour la recherche de nouveaux traitements que d’un vaccin. Actuellement à travers le monde des centaines de labos au service du Big Pharma font la course pour être les premiers à sortir quelque chose. Aussi, miser en tant que traitement sur des molécules tombées dans le domaine public, qui ne sont donc plus protégées par des brevets, telle l’hydroxychloroquine ou encore l’ivermectine, n’a pas tendance à avoir le potentiel de rassasier une industrie en quête de toujours plus de profits.

Mais ça c’était sans compter sur des outsiders de la recherche pharmaceutique. Des start-ups capables grâce au recours massif à l’intelligence artificielle de synthétiser en quelques semaines de nouvelles molécules efficaces contre telle ou telle pathologie. Si elles ne cèdent pas avant aux sirènes d’un rachat par un représentant du Big Pharma elles seraient susceptibles de coiffer au poteau les mastodontes qui le compose. Quand la recherche d’un traitement équivaut à lancer sur une machine des algorithmes pour faire le boulot automatiquement, à la clé on pourrait envisager des médicaments moins onéreux mis plus rapidement sur le marché. La course pour la panacée 2.0 est lancée et il va y avoir du sport …

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Journal de 7:30, le 05/05/2020

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