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Le Brexit crée une onde de choc sur les marchés financiers

Paris (AFP) – Pris à contre-pied par une sortie du Royaume-Uni qu’ils n’attendaient pas, les marchés financiers, en particulier en Europe, restaient sous le choc vendredi à la mi-journée, face à l’ampleur des incertitudes ouvertes par ce vote. 

La livre sterling au plus bas depuis 1985 et les Bourses européennes, massivement en berne étaient les principales victimes de cette journée noire, avec des chutes du même ordre de grandeur qu’au moment de la faillite de la banque américaine Lehman Brothers en 2008. 

A la mi-journée, la Bourse de Paris perdait plus de 8%, celle de Francfort plus de 7% et celle de Londres près de 5%. Et la débâcle était générale en Europe avec le secteur bancaire en première ligne, Deutsche Bank s’effondrant de quelque 14% comme Crédit Agricole, BNP Paribas de plus de 16% et Société Générale de près de 20%.

« C’est clairement un très gros choc pour les marchés » et « pour le Royaume-Uni, c’est un séisme » dont les « implications vont indubitablement aller au-delà des frontières britanniques, avec un effet immédiat et potentiellement durable sur les échanges commerciaux et sur tous les actifs financiers », affirme à l’AFP Matthew Beesley, directeur actions internationales de la société de gestion britannique Henderson Global Investors.

« C’est l’un des plus gros chocs sur les marchés de tous les temps », juge également Joe Rundle, un analyste de ETX Capital. « Les répercussions du vote vont se faire sentir dans le monde entier. L’ampleur des dégâts est difficile à évaluer mais il sera probablement plus important que tous les événements survenus depuis la faillite de la banque Lehman Brothers en 2008 ».

Depuis le début de la campagne, les marchés redoutaient une sortie du Royaume-Uni aux conséquences dévastatrices pour l’économie européenne et mondiale ainsi que pour le monde financier.

Après s’être envolée au-dessus de 1,50 dollar au moment de la fermeture des bureaux de vote, la livre sterling est tombée d’abord sous 1,45 dollar, puis 1,40 dollar, et a poursuivi sa folle descente à des niveaux inédits depuis 1985, jusqu’à 1,3229 dollar, soit une chute de plus de 10% sur la journée. 

A la mi-journée, elle évoluait à 1,3708 dollar.

Parallèlement, les valeurs refuge comme le yen ou l’once d’or flambaient et les investisseurs se ruaient sur le marché obligataire. Le Bund allemand tombait en zone négative et le taux d’emprunt à dix ans de la France et de la Grande-Bretagne étaient à leur plus bas historique, tandis que les titres de dette des pays les plus fragiles de la zone euro étaient délaissés.

– Les banques centrales mobilisées –

Face à ce séisme les banques centrales étaient sur le pied de guerre pour tenter d’apaiser les craintes, avec un effet très limité sur les marchés à ce stade.

Concernée en premier chef par les répercussions du référendum, la Banque d’Angleterre (BoE) a indiqué qu’elle était prête à injecter 250 milliards de livres (326 milliards d’euros) de fonds additionnels afin d’assurer des liquidités suffisantes pour le fonctionnement des marchés. 

Dans la foulée, la Banque centrale européenne (BCE) s’est dite « prête à fournir des liquidités supplémentaires, si nécessaire, en euros et en devises étrangères », promettant par ailleurs d' »assumer ses responsabilités » eu égard à la stabilité des prix et du secteur financier en zone euro.

Dans la matinée, alors que les marchés asiatiques dévissaient, la Banque du Japon (BoJ) s’était aussi déclarée « prête à injecter des liquidités ».

Ce qui n’a pas empêché la Bourse de Tokyo de plonger de près de 8% à la clôture. 

Le pétrole était aussi pris dans la tourmente avec des cours en forte baisse à la mi-journée également.

Si certains gérants d’actifs, à l’instar du numéro un mondial, l’américain BlackRock, cherchaient à rassurer en voyant aussi dans ces mouvements des « opportunités », le principal poids qui pèse sur les marchés est celui de l’incertitude.

Comme le souligne Allianz Global Investors, « certes, on peut s’attendre à ce que le Royaume-Uni parvienne effectivement à établir de nouvelles relations commerciales avec l’UE et d’autres pays, mais ce processus prendra du temps et demandera un effort considérable. Dans l’intervalle, de lourdes incertitudes risquent fort de planer » et « les investisseurs doivent se préparer à traverser des zones de turbulences ».

La salle des marchés d'Euronext, à La Défense, près de Paris, le 24 juin 2016. © AFP

© AFP Thomas SAMSON
La salle des marchés d’Euronext, à La Défense, près de Paris, le 24 juin 2016

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