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Le confinement a provoqué une baisse d’activité de 34%, selon l’ISPF

L’impact de la pandémie de Covid-19 sur l’économie polynésienne pousse l’ISPF à modifier la forme et le fond de sa note de conjoncture trimestrielle. La perte d’activité immédiate liée au confinement est évaluée à 34 %.

En 2019, la croissance économique avait été soutenue. Le chiffre d’affaires des entreprises croît de 3 % par rapport à 2018 et l’emploi salarié de 2 %. Ce dynamisme économique s’observe sur l’ensemble des secteurs internes à la Polynésie française (construction, industrie et commerce) ainsi que sur l’industrie touristique. La croissance de 9 % des effectifs touristiques, la hausse des investissements privés et publics comme la progression des dépenses des ménages en lien avec l’augmentation de 2,5 % de la masse salariale ont soutenu l’économie.

La crise sanitaire se traduit par une baisse d’activité sans précédent de 34%

Le premier cas de Covid-19 apparaît en Polynésie française, sur l’île de Tahiti, le 12 mars 2020. Dès le 11 mars, le gouvernement a annulé toutes les croisières et fermé les frontières aux non résidents à partir du 21 mars pour éviter l’arrivée de cas importés de Covid-19. Le confinement de la population débute le 23 mars et durera jusqu’au 29 avril, date de l’allègement du confinement. Ces mesures prises pour endiguer la crise sanitaire ont de lourdes conséquences sur l’activité économique ; ainsi, la perte d’activité immédiate liée au confinement est évaluée à 34 %.

Le secteur touristique se trouve en première ligne face à la crise

L’année 2019, exceptionnelle en termes de fréquentation touristique a encouragé les professionnels à poursuivre leurs investissements, notamment dans le tourisme nautique : les importations de yachts et autres bateaux ou embarcations de plaisance ou de sport (bateaux à rames et canoës) progressent notamment de 80 % au premier trimestre 2020, soit 400 millions de F.CFP de plus qu’au premier trimestre 2019. Néanmoins, les résultats de janvier et février marquent une baisse de 7 % (- 2 300 touristes) par rapport à 2019. Le développement rapide de la pandémie sur l’ensemble des continents, la fermeture du ciel aérien américain et les mesures de confinement prises localement, avec l’arrêt des croisières et du trafic aérien pour les touristes, bousculent très sévèrement l’industrie touristique en mars avec une chute de la fréquentation de 60 % par rapport à mars 2019.

Au premier trimestre 2020, le nombre de touristes séjournant en Polynésie française diminue de 26,8 % (- 13 500) par rapport à 2019 et s’établit à 37 000. Le mois de mars contribue pour 22 points à la baisse du trimestre. Ces baisses se répercutent sur tous les types d’hébergement. La fréquentation en hébergement flottant diminue de 49 % tout comme les ventes dans les hôtels internationaux.

Cette crise du tourisme, sans précédent par son ampleur, touche l’ensemble des archipels, mais plus encore les îles dont le tourisme est le principal fournisseur d’emploi comme Bora-Bora (56 % des emplois), Rangiroa (31 % des emplois) et dans une moindre mesure, l’île de Moorea (27 % des emplois).

Compte tenu de l’importance de l’industrie touristique et du transport dans l’économie locale, l’arrêt de ces activités contribue de façon significative à l’ampleur de la contraction observée au premier trimestre 2020. Le secteur du tourisme représente directement 8 % du PIB et 15 % des emplois salariés équivalent temps plein (ou emplois ETP) du secteur marchand en 2018.

Sans transport, pas d’exportations

Les exportations de biens locaux reculent de 48 % au premier trimestre 2020, soit une diminution de 1,2 milliard de Fcfp en valeur par rapport à 2019. Le mois de mars contribue pour 29 points à ce recul avec l’arrêt du transport aérien qui empêche toute exportation. Tous les biens locaux habituellement exportés sont touchés.

Déjà en grande difficulté en 2019, les exportations de produits perliers diminuent de 65 % au premier trimestre avec la fermeture des frontières chez nos principaux acheteurs : Hong Kong et le Japon représentaient plus de 90 % des ventes en 2019. Le secteur fait également face à la suspension des autorisations de travail des greffeurs chinois bloqués en Chine depuis mars. La production est donc retardée et la trésorerie des perliculteurs s’épuise.

La filière pêche perd aussi brutalement deux de ses clients qui ont stoppé leurs achats au moment du confinement : la branche restauration et hôtellerie consomme 20 % de la production vendue localement et les États-Unis captent 90 % de la production exportée. Les exportations de produits issus de la pêche baissent de 37 % en valeur. Aucun secteur n’a été préservé, les recettes de la vanille baissent également de 45 %.

Quatre salariés du privé sur dix travaillent dans des secteurs très touchés par la crise

Les craintes sur les conséquences sociales de la crise sont fortes. Quatre salariés du secteur privé sur dix travaillent dans des secteurs fortement impactés par la crise où la baisse d’activité atteint au minimum 50 %. C’est également le cas pour une grande partie des non salariés. Les effectifs salariés massivement concernés sont ceux de la branche hôtellerie restauration (6 000 salariés ETP), des transports (4 500 salariés ETP) et des activités de service aux ménages (2 000 salariés ETP). Ainsi, d’après l’enquête COVID du CEROM, sept entreprises sur dix n’avaient aucun salarié ou peu à leur poste de travail pendant le confinement, notamment la quasi-totalité des entreprises de l’hôtellerie et des services touristiques ainsi que neuf entreprises sur dix de la restauration.

Le Fonds d’action sociale du RSPF totalement épuisé en moins de trois mois

Le fonds d’action sociale (FAS) du régime de solidarité de Polynésie française (RSPF) a été épuisé par les demandes reçues entre le 15 mars et le 15 juin 2020 : ce sont près de 9789 demandeurs d’aides sociales qui ont été reçues par les circonscriptions d’action sociales de la DSFE (Direction des solidarités, de la famille et de l’égalité), soit trois fois plus qu’en temps normal. Au total, 18 723 bons de commandes ont été émis pour un montant global de 450 353 035 Fcfp.

Concrètement, en moins de 3 mois, la crise sanitaire a épuisé le budget annuel destiné à financer les aides sociales de première nécessité. Ainsi, d’ici la fin du mois de juillet, ce fonds doit être abondé par un complément de recettes de 558 millions Fcfp.

Un secteur public qui amortit la baisse d’activité

Les secteurs principalement non marchands (administrations publiques, enseignement, santé humaine et action sociale) jouent un rôle d’amortisseur des crises économiques en Polynésie française. Avec un poids de 30 % dans l’économie polynésienne contre 20 % au niveau national, les branches des services non marchands ont maintenu 100 % de leur activité par rapport à la normale.

Avec communiqué

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Journal de 12:00, le 09/07/2020

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