EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Le Covid-19 n’aura pas la peau des Pionniers – Edito 27/05/2020

C’est comme un cycle : à chaque fois que l’homme passe à côté d’un immense péril il ressent le besoin de se lancer de nouveaux défis pour se sentir bien vivant. Tant mieux, même si manifestement encore aucun de ces cycles passés n’a débouché sur une humanité plus sage qui apprend vraiment de ses erreurs. Mais ne sait-on jamais c’est peut-être pour l’un des tous prochains. Non en effet pas celui qui est en train de se profiler en ce moment. Ce pseudo monde d’après que se rêvaient tous les philosophes en herbe et autres humanistes dans l’âme pendant le confinement ça n’a pas l’air d’être pour tout de suite.

Je sais bien que nous ne sommes pas encore tous sortis de cette crise sanitaire sur la planète. Si sous nos latitudes nous faisons office de fer de lance des mesures de déconfinement généralisées, peu nombreux sont les territoires qui ailleurs ont la même chance que nous. On pouvait donc imaginer que c’est d’abord ici au Fenua que l’on aurait pu palper un changement de mentalités qui s’accompagnerait dans les faits, ou du moins par un exposé d’intentions. Après tout pour une fois qu’on avait l’occasion d’être précurseurs et pas suiveurs, mais en fait, non, rien. Oui rien n’a changé en fait. Ceux qui avaient les moyens d’impulser le changement ont manifestement d’autres soucis bien plus terre à terre à gérer et du coup on cherche à mettre des pansements sur une jambe de bois dans une urgence absolue. Le monde d’après c’est juste le monde d’avant en plus angoissant et avec nettement moins de pognon donc plus de gens qui tirent la tronche et crèvent la dalle. « C’était mieux avant. »

Alors on se raccroche à tout ce qui peut donner un peu d’espoir, qui remet l’humain dans la peau du pionnier héroïque. Le Dr Didier Raoult incarnait pendant des semaines la vaillance du besogneux parvenant à braver le système, mais là tout est en train de s’effriter, le Big Pharma a quasiment eu la peau de l’hydroxychloroquine qu’ils nous font avaler de travers avant même qu’on ait pu gober un cacheton. Prenons de la hauteur dans ce cas, une once de salut viendra peut-être grâce à Robert Behnken et Douglas Hurley. Ce sont en fait les deux astronautes de la NASA qui s’apprêtent à rentrer dans l’histoire ce matin en s’envolant à bord d’un vaisseau spatial privé. C’est une première. Elon Musk, ses équipes chez Space X et tous ceux qui ont envie de croire que la reprise de la conquête spatiale pourrait équivaloir à un nouvel âge d’or de notre espèce ont déjà le cœur en apesanteur. Et par les temps qui courent avouez que ça fait du bien de le sentir s’alléger.

Evidemment ce n’est pas ça qui va éradiquer le Covid-19 toutefois cette fusée qui s’apprête à décoller a quand même le potentiel de faire office de piqûre de rappel. L’homme s’il tombe, se relève, et grimpe plus haut. Oui, il a le goût du risque …

NDLA : l’utilisation de « le » au lieu de « la » Covid-19 est totalement assumée.

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Journal de 7:30, le 27/05/2020

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