EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Le danger de notre oisiveté ; les soignants au tournant – Edito 17/06/2020

C’est vraiment pénible quand un petit truc microscopique est capable d’abattre un gros gaillard qui dépasse le quintal de barbaque ambulante. Mais on est bien obligé de faire avec. Le virus qui traine vous avez beau essayer de lui faire des vers, de l’amadouer avec des mots doux, il n’en aura que faire. Du coup ça met plein de trucs en perspectives.

Il y a cette chanson qui pourrait paraître agaçante à force et qui tourne en boucle partout intitulée « Et demain » : elle nous met la larme à l’œil pour les soignants qu’on ne remarquait pas et qui, en première ligne de tous les drames sanitaires, sont pourtant au taquet pour tenter de nous remettre d’aplomb. Ce, quand bien même ils font les frais d’économies d’échelle, de manque de considération, de rétributions ridicules. Vous savez quoi ? Limite en fait il faudrait la diffuser plus souvent, et qu’il y en ait plein d’autres dans le même genre. Car c’est fou à quel point malgré tout le savoir-faire dont vous vous sentez doté dans vos domaines de prédilection, force est de constater que sans ces personnes qui savent soigner, ces talents ne sauraient s’exprimer.

Attention, je ne suis pas en train de dire que certains valent mieux que d’autres. Chacun à son niveau, aussi petit soit-il, est un rouage utile, voire indispensable, à la bonne marche de notre société et du monde. Mais avouez que sans notre santé, l’engrenage que l’on incarne a le potentiel de faire foirer tout le système. Ce constat il n’était pas besoin d’attendre de le dresser au moment où tout va mal tant il apparaît être l’expression du bon sens.

Et puis vous ne le voyez pas venir ? Maintenant que le pic épidémiologique de la contamination au Covid19 est passé en France il y a de fortes chances pour que les belles promesses faites la main sur le cœur par les gouvernants, dans le meilleur des cas, prennent du temps à être suivies d’effets. Ce serait tout simplement abjecte, parce que pendant qu’on se complait dans une oisiveté, en réalité ultra fragile, en pensant que le plus dur est passé, que nous ne sortons plus les masques, eux en plus de tous les polytraumatisés qu’ils voient déjà passer à longueur de journée, on leur demandera encore d’aller au charbon pour éviter que nous on se crame.

Avec en tête le pilori sur lequel ils pourraient être cloués à tout moment si dans leur épuisement il arrivait qu’ils défaillent, au moins à notre niveau, et en attendant qu’ils soient gratifiés à leur juste valeur, consentons à réaliser que rester prudent par rapport à tous les périls qui nous entourent, que ne pas relâcher la garde, c’est faire en sorte que Tam, Van, Marc, Patrick, Kevin, Didier, Chloé, Rithy et puis Sophie aussi, et tous ceux qui comme eux ont choisi de soigner à tout prix, ne le fassent pas qu’au seul bénéfice d’une reconnaissance par le Saint Esprit.

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Journal de 7:30, le 17/06/2020

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