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Le duel Hamon-Valls s'engage sur fond de soupçons de participation gonflée

Paris (AFP) – Benoît Hamon et Manuel Valls, tenants de lignes antagonistes au sein du PS, ont engagé lundi un âpre duel pour décrocher leur place à la présidentielle sur fond de soupçons de manipulation des chiffres de participation du premier tour.

Après le soutien immédiat du troisième homme Arnaud Montebourg (17,3%), M. Hamon a engrangé l’appui d’une figure de la gauche, Martine Aubry, et de ses partisans.

La publication de résultats erronés lundi matin par les organisateurs de la primaire socialiste élargie, qui a jeté le trouble sur le scrutin, est due à une « erreur humaine » d’un « permanent », a affirmé le président du comité d’organisation, Christophe Borgel, après avoir évoqué un peu plus tôt « un bug ».

Selon de nouveaux résultats partiels publiés lundi soir, qui restent proches de ceux annoncés dans la matinée, Benoît Hamon est sorti grand vainqueur du premier tour avec 35,9% des suffrages contre 31,2% pour Manuel Valls.

C’est la publication de résultats complétés de près de 400.000 voix supplémentaires sans que les pourcentages des sept candidats ne bougent d’un centième -une quasi impossibilité statistique- qui a suscité des accusations de manipulation.

« Le permanent a mis sur la page du site (…) le nouveau nombre de votants sans chercher à regarder où on en était des résultats », a affirmé M. Borgel, assurant face à la polémique croissante qu’il n’y avait « aucune manipulation ».

Le PS maintient donc que le scrutin a bien rassemblé quelque 1,6 million de votants (sur 94,45% des bureaux de vote) une participation déjà dans la fourchette basse des attentes rue de Solférino.

« Le PS, la Haute autorité ont un devoir de résultat. Je veux connaître les vrais chiffres de participation. On ne peut pas en rester là, sinon il y a un risque de prime a l’abstention au second tour », s’est inquiété un des porte-parole de Manuel Valls, David Habib.

Pour le directeur de campagne de M. Hamon, Mathieu Hanotin, qui déplore « l’impression d’amateurisme que cela peut donner », « il y a eu une grosse boulette mais pas de scandale ».

– « Hémorragie vers Macron » –

Dans la dernière ligne droite, les couteaux s’affûtent dans chaque camp. M. Hamon qui, sur le papier, dispose d’un net avantage, et s’appuie sur le « message assez clair qui a été passé hier » avec « la volonté de tourner la page ».

M. Valls, dont les proches annoncent une « campagne totale », avait attaqué bille en tête dimanche soir en évoquant un « choix très clair » pour les électeurs entre deux gauches: Benoît Hamon, ses « promesses irréalisables » et « défaite assurée », et avec lui, une « gauche crédible » et une victoire finale « possible ».

« Tout cela c’est de la vieille politique », a balayé l’ancien ministre de l’Education.

Sur TF1 lundi soir, l’ancien Premier ministre a poursuivi l’offensive, jugeant que le revenu universel proposé par son rival serait « la ruine de notre budget », accusant M. Hamon de semer « le sable des illusions » et d’être « ambigu » sur la laïcité.

Tous deux se sont engagés à soutenir le vainqueur mais au vu de lignes politiques et économiques antagoniques, un rassemblement est-il possible dimanche ? 

« Les deux finalistes ne sont d’accord sur rien, ni l’un ni l’autre ne parviendra à rassembler », a jugé le député Richard Ferrand, proche soutien d’Emmanuel Macron.

De fait, c’est bien dans le camp de l’ex-ministre de l’Economie qu’on se frotte les mains devant le ballottage défavorable à Manuel Valls. Un échec de l’ancien Premier ministre pourrait en effet faire affluer chez lui des électeurs PS opposés à la ligne frondeuse.

Même pronostic chez Jean-Luc Mélenchon: « d’ici quelques jours, l’hémorragie vers Macron va s’amplifier. D’autres viendront vers nous », a affirmé le candidat de la gauche de la gauche.

En visite à Berlin, François Fillon, qui cherche à contenir la poussée d’Emmanuel Macron au centre, l’a rangé dans le camp d’en face. « Ce que je constate simplement, c’est qu’il va y avoir trois candidats de gauche », a affirmé le candidat de la droite.

Les affiches électorales de Manuel Valls et Benoît Hamon collées par leurs militants le 12 janvier 2017 à Paris. © AFP

© AFP/Archives JACQUES DEMARTHON
Les affiches électorales de Manuel Valls et Benoît Hamon collées par leurs militants le 12 janvier 2017 à Paris

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