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Le militant de SUD blessé à l'oeil lors de la manifestation du 15 "va porter plainte"

Paris (AFP) – Le militant de SUD grièvement blessé à l’oeil jeudi lors de la manifestation parisienne contre la loi travail et qui a perdu en partie la vue, « va porter plainte contre les forces de l’ordre », a indiqué samedi à l’AFP un porte-parole de l’Union syndicale Solidaires.

« Je vais moi-même porter plainte. Je vais tout faire pour que justice soit faite », a aussi déclaré le militant, Laurent Theron, 46 ans, secrétaire médical à l’hôpital Albert-Chenevier de Créteil, sur BFMTV.

Selon Eric Beynel, délégué général de Solidaires qui rassemble tous les syndicats SUD, Laurent Theron a perdu la vue de l’oeil où il a été grièvement blessé, après avoir probablement reçu un tir de grenade lacrymogène.

Sur BFMTV, Laurent Theron a dit « sa tristesse d’avoir perdu la moitié de la vue », expliquant qu’il avait « plusieurs os fracturés » autour de l’oeil. Il a été opéré à l’hôpital Cochin.

La préfecture de police, qui a fait état de huit blessés parmi les policiers et gendarmes et quatre parmi les manifestants, a confirmé dans un communiqué que le manifestant avait été touché à l’oeil par un « projectile indéterminé ».

Elle a aussi annoncé la saisie de l’Inspection générale de la police nationale afin de diligenter une enquête « sur les circonstances exactes dans lesquelles se sont déroulés ces faits ».

Laurent Theron, qui s’était syndiqué en avril et dont il s’agissait de la « deuxième manifestation contre la loi travail » aux côtés de SUD-Santé, a expliqué qu’il avait été atteint à l’oeil au moment où le cortège arrivait place de la République pour la fin de la manifestation, aux alentours de « 16H00 ».

– ‘Mains dans les poches’ –

« J’avais les mains dans les poches (…) D’après le chirurgien qui m’a opéré, vu l’ampleur des dégâts, le tir était tendu et il devait venir de près », a-t-il précisé, cité par le site internet du journal Le Monde. « Mon œil a éclaté sous le choc ».

« Quand on est arrivé, on a entendu quelques pétards, on a vu les CRS qui commençaient à se positionner. Mais le cortège était loin d’être arrivé. Des jeunes se sont mis en place aussi, sans doute ceux qui lançaient des pétards. J’ai vu des lacrymogènes et des jeunes qui les renvoyaient à coups de pied », a-t-il encore raconté.

« Il y a eu une première charge des CRS et puis une deuxième. J’ai vu que ça commençait à se rapprocher et je me suis dit: +Il vaut peut-être mieux que je sorte+. Une colonne de CRS est passée derrière le skatepark de la place, j’ai entendu boum et j’ai senti mon œil exploser », a-t-il ajouté.

Solidaires a dénoncé dans un communiqué « un usage disproportionné de la force » par les forces de l’ordre, que « rien ne justifiait ».

Interrogé par l’AFP, un autre représentant de SUD Fonction publique, présent lors de la manifestation de jeudi à Paris, a dénoncé « une présence policière inconsidérée » dont il dit s’interroger sur la « stratégie ».

« Mon sentiment de manifestant, c’est que tout cela est fait pour discréditer le mouvement social. On est fouillé avant la manifestation et pourtant des jeunes casseurs arrivent avec des cocktails Molotov. En fin de cortège on est littéralement cadenassés sans possibilité de sortie et la police tire sans se poser de question. C’est insupportable. Cette fois c’est tombé sur un gars de chez nous », a-t-il déclaré sous couvert d’anonymat.

Heurts entre policiers et manifestants contre la loi travail, le 15 septembre 2016 à Paris. © AFP

© AFP Thomas SAMSON
Heurts entre policiers et manifestants contre la loi travail, le 15 septembre 2016 à Paris

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