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Le monde accueille fraîchement l'élection de Trump

Paris (AFP) – L’élection de Donald Trump à la Maison Blanche a été accueillie mercredi avec inquiétude et souvent froideur dans le monde où l’extrême droite s’est a contrario félicité de l’avènement d’une nouvelle ère.

La victoire de Donald Trump « ne me réjouit pas » mais il est « le président librement élu des Etats-Unis » et a droit « à ce qu’on lui donne une chance », a observé le président du Parlement européen, Martin Schulz.

Plus pessimiste, le président français François Hollande a jugé que « cette élection américaine ouvrait une période d’incertitude ». Il a appelé l’Europe à resserrer les rangs peu après une réaction enthousiaste du Premier ministre hongrois Viktor Orban. « Quelle excellente nouvelle. La démocratie est toujours en vie », s’est félicité ce populiste de droite.

Un peu comme Paris, Berlin a prédit des temps « plus difficiles » avec Donald Trump, la chancelière Angela Merkel réclamant le respect de l’autre dans la future relation américano-allemande, en insistant sur les droits de l’Homme.

Sur plusieurs continents (Asie, Europe, Moyen-Orient, Afrique…), les sentiments dominants sont la prudence et l’interrogation souvent teintée d’inquiétude. L’accession au pouvoir d’un milliardaire populiste sans expérience politique, effective fin janvier, est considérée comme « un saut dans l’inconnu ».

« J’ai très peur. Va-t-il y avoir d’autres guerres? L’Amérique va-t-elle attaquer les musulmans? », s’interroge la militante indonésienne Alijah Diete, des propos reflétant la peur dans le monde musulman.

A Sevnica en Slovénie, ville natale de Melania Trump, future Première dame américaine, c’est au contraire la fête et les chants à la gloire de l’ancien mannequin.

Préférant les certitudes à l’inconnu, les marchés boursiers se sont affolés, Tokyo perdant par exemple 5,3% à la clôture tandis que le dollar chutait et le peso mexicain tombait à son plus bas niveau historique. En revanche, les marchés russes grimpaient mercredi, alors que Donald Trump est partisan d’un réchauffement des relations avec la Russie.

Tout comme son homologue chinois Xi Jinping, le président russe Vladimir Poutine a félicité le vainqueur américain et parlé de la perspective d’un « dialogue constructif ». En France, la patronne de l’extrême droite, Marine Le Pen, bien placée pour se retrouver au second tour de la présidentielle de 2017, a adressé ses « félicitations » à celui qui a défait la démocrate Hillary Clinton.

– Economie, climat, sécurité –

En Asie, région privilégiée de la politique étrangère de Barack Obama, les craintes portent notamment sur l’économie. « Le monde est globalisé et si les Etats-Unis, qui sont le moteur de l’économie mondiale, commencent à ériger des barrières, cela ne pourra que nuire à l’économie mondiale », résume Clarita Carlos, professeure de sciences politiques à l’Université des Philippines.

Pour le Premier ministre japonais Shinzo Abe, l’alliance qui unit les deux pays restera intacte car « la région Asie-Pacifique » est « la force vive de l’économie mondiale ».

Beaucoup plus circonspecte, l’Autorité palestinienne a appelé Donald Trump à ne pas négliger le Proche-Orient. « L’instabilité continuera dans la région et dans le monde si on n’apporte pas une solution à la question palestinienne », a-t-elle ajouté.

Pour le ministre israélien de l’Education Naftali Bennett, chef de file du lobby colon, l’idée de créer un Etat palestinien coexistant avec Israël est désormais révolue. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aux relations détestables avec Barack Obama, n’a pas caché sa joie et qualifié le président élu de « véritable ami de l’Etat d’Israël ».

Parmi les domaines suscitant des interrogations, la ministre française de l’Environnement Ségolène Royal a jugé que le futur président ne pourrait « pas empêcher » la « mise en oeuvre » de l’accord de Paris sur le climat conclu l’an dernier.

En estimant que Donald Trump ne pourrait pas revenir sur l’accord nucléaire international de 2015, car il a été « entériné » par l’ONU, l’Iran a cependant appelé le futur président « à respecter les accords » internationaux.

Au-delà des réactions convenues, certains cherchent à se rassurer. « Les liens UE-USA sont plus profonds que n’importe quel changement politique », a ainsi dit la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.

Le leadership de Washington est « plus important que jamais » face « à un nouvel environnement sécuritaire difficile », a aussi réagi le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg.

Donald Trump s'adresse à ses supporteurs au Hilton New York, le 9 novembre 2016, après l'annonce de sa victoire. © AFP

© AFP JIM WATSON
Donald Trump s’adresse à ses supporteurs au Hilton New York, le 9 novembre 2016, après l’annonce de sa victoire

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