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Le pape canonise dimanche sept personnes, dont deux Français et un Argentin

Cité du Vatican (AFP) – Le pape François canonise dimanche sept personnes dont deux Français, une carmélite décédée en 1906 et un frère assassiné durant la Révolution française, ainsi qu’un curé argentin qui avait dédié sa vie aux exclus.

Ces personnalités vont rejoindre la liste des milliers de saints reconnus au fil des siècles.

La Française Elisabeth de la Trinité est une jeune carmélite contemplative née en 1880 et décédée en 1906. Née Elisabeth Catez près de Bourges (centre de la France), elle entre au carmel à Dijon (centre-est) à l’âge de 21 ans, à sa majorité, après avoir vaincu les réticences de sa mère qui la pousse au contraire à mener une vie mondaine et exhiber ses talents de pianiste, racontent les carmélites de Dijon sur un site dédié.

Cette mystique a écrit plusieurs centaines de lettres à ses proches, un journal intime, des poèmes sur son expérience religieuse, quatre traités spirituels. Elle est aussi l’auteur d’une prière au « Dieu Trinité » écrite en 1904, trouvée dans ses papiers après sa mort et aujourd’hui traduite dans une cinquantaine de langues. Décédée à 26 ans de maladie, elle a été béatifiée en 1984 par le pape Jean Paul II.

« Avec son langage spontané, elle a mis toute son ardeur dans sa vocation et peut parler aux personnes à la recherche de l’intimité avec Dieu », résume l’archevêque de Dijon, Mgr Roland Minnerath.

Elle doit sa béatification au miracle dont a bénéficié une enseignante de religion belge. Celle-ci a affirmé avoir été subitement guérie d’une maladie orpheline à son arrivée au carmel de Dijon.

– Massacré à l’épée –

Davantage en prise active avec la société, Salomon Leclercq avait rejoint les Frères des écoles chrétiennes, une congrégation laïque vouée à la formation des jeunes, souvent défavorisés. 

Né à Boulogne-sur-Mer (nord) dans une famille de marchands, Guillaume Nicolas Louis Leclercq (1745-1792) devient professeur à 23 ans et prononce ses voeux à 27 ans. Devenu Frère Salomon, il s’occupera des novices, dirigera un grand complexe éducatif de 1.000 étudiants, enseignera les mathématiques et deviendra secrétaire personnel du supérieur général de sa congrégation (fondée en 1682 par le Français Jean-Baptiste de La Salle). 

Puis la Révolution, anticléricale, éclate. Il refuse de prêter serment en faveur de la Constitution civile du clergé. Il sera arrêté en août 1792 avec 166 prêtres et religieux « réfractaires » et enfermé dans le couvent des Carmes de Paris. Le 2 septembre, avec 188 autres ecclésiastiques prisonniers, il est massacré à l’épée. Tous ces martyrs ont été béatifiés en 1926 par le pape Pie XI.

224 ans après sa mort, « il donne une leçon d’une grande intégrité et de loyauté », au sacrifice de sa vie, estime Frère Rodolfo Cosimo Meoli qui a défendu sa cause. Le Vatican a reconnu dans son dossier le caractère « inexpliqué » de la guérison d’une fillette vénézuélienne de cinq ans mordue par un serpent. 

– ‘Curé gaucho’ –

Le curé José Gabriel Brochero (1840-1914) sera de son côté le premier saint né et mort en Argentine.

Surnommé « le curé gaucho », ce prêtre qui circulait à dos de mule dans les montagnes près de Buenos Aires reste très populaire. Aveugle, mort de la lèpre, il avait été béatifié en 2013. « Ce pasteur à l’odeur de brebis s’est fait pauvre parmi les pauvres », a souligné le pape, lui même Argentin.

Samedi soir, des dizaines de milliers de pélerins ont participé à une veillée à sa mémoire à Villa Cura Brochero, un village du centre de l’Argentine. Dimanche, sa canonisation sera retransmise sur des écrans géants. C’était « un gaucho qui vivait avec les malades, allait partout et qui a fait beaucoup ici pour les routes, les églises », rappelle un des pélerins, Ramon Leiria, 70 ans.

Les quatre autres canonisés dimanche sont Joseph Sanchez del Rio (1913-1928), un adolescent mexicain tué pour n’avoir pas voulu renier sa foi catholique, Emmanuel Gonzalez Garcia (1877-1940), évêque espagnol, et Ludovic Pavoni (1784-1849) et Alphonse-Marie Fusco (1839-1910), deux religieux italiens.

La « Congrégation pour la cause des saints », chargée au Vatican d’enquêter sur les futurs saints, a annoncé fin septembre un resserrement des règles de sa commission médicale, établies il y a 40 ans. Seuls trois groupes différents d’experts pourront se prononcer sur une guérison miraculeuse, alors que ce nombre était auparavant illimité. A l’avenir, les honoraires des experts-médecins seront aussi clairement chiffrés dans un souci de transparence.

Veillée de prière le 15 octobre 2016 à Cordoba, en Argentine, à la veille de la canonisation du "curé gaucho", José Gabriel Brochero. © AFP

© AFP NICOLAS AGUILERA
Veillée de prière le 15 octobre 2016 à Cordoba, en Argentine, à la veille de la canonisation du « curé gaucho », José Gabriel Brochero

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