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Le prétexte de l’amour ne doit pas empêcher d’être prudents – Edito 20/03/2020

Il est très important que l’amour que nous éprouvons pour nos proches ne nous fasse pas prendre de risques inconsidérés. C’est le message plein de bon sens d’un de mes amis, que j’ai lu sur Facebook, qui m’a fait réaliser qu’il y a dans notre situation actuelle encore plus de défis que ce à quoi nous pensions.

Quand vous êtes parents et qu’un péril a le potentiel de toucher vos enfants, votre réflexe est inscrit dans votre ADN, vous faites tout pour protéger votre progéniture. Mais ce « tout » ne s’accompagne malheureusement pas systématiquement de rationalité. En croyant s’inscrire dans un élan protecteur, on finit par créer le danger.

Je fais par exemple allusion à ce qui avait mis en colère mon ami, selon moi à juste raison. Il a ainsi pu constater, et il n’est pas le seul, que de toute urgence et au fil du durcissement des mesures pour endiguer l’importation du virus en Polynésie : tous ceux qui en ont les moyens ont acheté in extremis des billets d’avion pour faire revenir au pays leurs enfants étudiants en métropole ou d’autres pays où l’épidémie se répand. Déjà ce n’était pas ce qu’il y avait de plus prudent à faire pour eux dans le sens où en fréquentant aéroports et files d’attentes, en étant ensuite confiné pendant plusieurs heures en groupe dans un avion, s’ils n’étaient pas infectés on leur fait prendre le risque de le devenir. Mais et si par malheur ils étaient déjà infectés ? Même sans symptômes ils restent contagieux. Au lieu de rester en sécurité là où ils vivent déjà, avec des services hospitaliers bien plus importants que ce que nous avons à disposition à Tahiti, on en vient à mettre potentiellement tout un territoire en danger.

Et si au moins ils étaient prudents une fois le pied posé dans leur Fenua. Que nenni. Au nom du principe de précaution, au lieu de s’imposer une quarantaine de deux semaines on en voit certains faire leurs courses, tranquilles, sans aucune protection, ou d’autres qui vont surfer avec les copains, etc. Euh .. Comment vous dire ? Bah ça ne va pas être possible en fait. Alors les parents concernés, va falloir assumer maintenant, vous allez garder les gamins à la maison, et croiser les doigts pour qu’ils ne vous aient rien refilé car si eux ils sont asymptomatiques ça risque de ne pas être le même délire pour vous.

Attention, il n’est pas question de stigmatiser tous les petits demis de bonne famille, mais uniquement les personnes qui ne prennent pas la mesure du péril auquel nous sommes confrontés. Comme je vous le disais avec mon édito made in Los Angeles en début de semaine, je suis rentré de vacances lundi et depuis je crève d’envie d’aller voir mes parents et ma petite sœur et de les serrer dans mes bras. Et bien je me retiens, j’attends juste le jour comme beaucoup d’autres où on pourra le faire à nouveau, et pour que ça arrive vite il faut que TOUS nous nous astreignions à la prudence, au bon sens et au respect des consignes.

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