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Le PS s'accorde sur les conditions de sa primaire, Montebourg se lance

Paris (AFP) – Arnaud Montebourg a mis fin dimanche soir à un suspense de plusieurs semaines, en annonçant sur TF1 sa candidature à la primaire initiée par le PS, quelques heures après l’adoption par le Conseil national du parti des modalités de cette dernière.

« J’ai décidé d’inscrire ma candidature à l’élection présidentielle de 2017 dans le cadre des primaires de la gauche », a déclaré M. Montebourg, précisant qu’il se plierait au résultat du vote, même si François Hollande devait l’emporter.

« Je crois que dès lors qu’on accepte une primaire, on en accepte toutes les règles. Une chose est sûre, c’est que j’en accepterai le résultat et ne me présenterai pas et ne serai pas agent de division mais plutôt de rassemblement ».

L’ancien ministre, évincé du gouvernement après l’épisode malheureux de la « cuvée du redressement » en août 2014, a cependant tenu à rappeler ses divergences avec le président de la République: « Je suis resté fidèle au serment du discours du Bourget. Je suis resté fidèle aussi aux ouvriers de Florange », a-t-il dit.

Cette déclaration de M. Montebourg n’a pas vraiment surpris les observateurs: promoteur de longue date des primaires, le « troisième homme » de celle de 2011 affirmait depuis plusieurs mois qu’il se plierait à l’exercice si la primaire était « loyale et sincère ».

La résolution votée par le Conseil national du PS, dimanche après-midi, a permis de lever ses préventions: reprenant les conditions de parrainage de 2011, le parti s’est engagé à ouvrir au moins 8.000 bureaux de vote (contre 9.400 en 2011), le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis précisant « espére(r) aller vers 9.000 ».

Seule déception pour les partisans de M. Montebourg: la dotation octroyée aux candidats sera de 50.000 euros, et non de 100.000 euros comme le réclamait le directeur de campagne de M. Montebourg, François Kalfon. En 2011, la somme initialement allouée aux candidats s’élevait à 30.000 euros, a rappelé M. Cambadélis.

– Deux millions de participants ? –

« Les conditions sont réunies (…) L’objectif est peut-être d’avoir 2 millions de participants à cette primaire. On n’est pas sur une primaire étriquée, c’est ce qu’on demandait depuis des mois et on l’a obtenu », s’est réjoui le député Laurent Baumel, proche de M. Montebourg.

Auprès de la presse, M. Cambadélis n’a cependant pas voulu s’engager sur un chiffre de participation, estimant exagérément optimiste la fourchette de 1,7 à 2 millions de participants avancée par un sondage. 

Marie-Noëlle Lienemann et Benoît Hamon, issus de la gauche du PS comme M. Montebourg, sont d’ores et déjà candidats, tout comme François de Rugy (Parti écologiste) et Jean-Luc Bennahmias (Front démocrate). Le PRG devrait faire connaître sa décision sur une éventuelle participation en décembre.

Quant à François Hollande, ses proches ne doutent pas qu’il sera candidat, comme l’a encore répété dimanche la ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem. « C’est impossible qu’il renonce », a-t-elle estimé sur France2.

Même si un sondage publié lundi dernier donnait MM. Hollande et Montebourg au coude à coude au second tour, les partisans du président ne doute pas de sa victoire, rappelant que le bon score de M. Montebourg est en partie lié au vote des électeurs de droite et d’extrême droite -un public dont la participation pourrait s’avérer moindre qu’annoncée, au vu de l’expérience de 2011. 

La Haute Autorité des primaires citoyennes, présidée par Thomas Clay, prendra ses fonctions mercredi. Les candidats pourront se déclarer entre le premier et le 15 décembre. Les deux tours sont prévus les 22 et 29 janvier.

Mais pour certains, dimanche soir, les hostilités étaient visiblement déjà ouvertes. « La candidature d’Arnaud Montebourg dans le cadre de la primaire n’est pas une surprise. Le programme qu’il a défini est aussi sans surprise et le même qu’en 2011. L’anti-hollandisme ne fait pas un programme », a réagi auprès de l’AFP l’entourage de Benoît Hamon, en rappelant que ce dernier s’était inscrit dès le départ dans la primaire.

Arnaud Montebourg (PS), candidat à l'élection présidentielle de 2017, le 19 septembre 2016 à Gonesse dans le Val-d'Oise. © AFP

© AFP CHRISTOPHE ARCHAMBAULT
Arnaud Montebourg (PS), candidat à l’élection présidentielle de 2017, le 19 septembre 2016 à Gonesse dans le Val-d’Oise

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