EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Le Trumpisme fait aussi des émules sous les tropiques – Edito 09/11/2020

Maintenant que Jo Biden a été désigné par la projection électorale des grands médias 46ème Président élu des Etats Unis le travail de réconciliation qu’il appelle de ses vœux va pouvoir démarrer. J’ai eu l’occasion de m’en faire ici l’écho, c’est une véritable déchirure qu’il s’agira de réparer au sein de la société américaine dont les antagonismes ont rarement été entretenus et ravivés à ce point. Reste à espérer que ledit « vœu » ne s’avère pas finalement pieux. C’est-à-dire, irréalisable.

Il s’avère en effet que l’élection présidentielle américaine ne produise pas d’effets uniquement au sein de ses frontières. L’influence des USA sur la scène internationale, l’image de démocratie pionnière, de gendarme du monde et de pays leader du monde libre induit en effet un concert de réactions et de ressentis à l’international. Ceux-ci, d’une manière ou une autre, influent sur le fonctionnement même de la vie démocratique des autres Etats et sur le baromètre de l’opinion de leurs citoyens à propos de leurs dirigeants.

Finalement avec du recul il se trouve que l’avènement de Donald Trump à la tête des Etats-Unis ait décomplexé certains comportements nauséabonds bien au-delà de l’Amérique du nord. Par l’exemple que cela constituait, le populisme comme enrobage du ségrégationnisme et autres visions dévotes mais liberticides des mœurs en société, ont été hissées au rang de vertus salvatrices d’une société supposément malade et corrompue. Cela a donc fait des émules, partout.

Oui, j’y viens, y compris chez nous. Si notre classe politique locale est encore plus ou moins exemptée de certaines méthodes qui ont eu leur heure de gloire ailleurs, on ne peut pas en dire autant des courants de pensée au sein de l’opinion publique. Comme des confrères de la presse écrite le relevaient eux-aussi tout dernièrement, et alors que je vous parle depuis un bon moment de ce constat inquiétant, doucement mais sûrement, l’influence de quelques-uns, façonne la Polynésie de demain.

Tous les experts en communication et en marketing vous le diront, une des meilleures méthodes pour qu’un message fasse mouche, qu’il s’ancre dans l’inconscient collectif, qu’il soit perçu comme une vérité, qu’il déclenche même le besoin, c’est de le répéter partout, tout le temps. C’est ainsi qu’au Fenua un simple noyau de lobbyistes endoctrinés et féroces pollue l’espace public et intoxique les relais d’opinion. C’est bien plus dangereux qu’il n’y parait. Le sacro-saint principe de la « liberté d’expression » est brandi pour justifier leur liberté de dire n’importe quoi et de faire germer le trouble à l’ordre public. Aussi tous les médias de la place seraient-ils bien avisés de renforcer leur politique de modération des commentaires au lieu d’attendre que le trop laxiste Facebook le fasse à leur place. La tentation de laisser déraper pour créer le buzz et la viralité virtuelle d’un article est forte, mais en se souvenant de ce qu’est la déontologie de ce métier elle ne devrait pas l’être. Alors, attention danger, il y a du ménage à faire avant que les contenus ne soient définitivement dévoyés par l’empreinte des spoliateurs de la pensée et du libre arbitre.

Article précedent

La revue de presque de Nicolas Canteloup d'Europe 1 - L'intégrale du 9/11/2020

Article suivant

Cinq questions sur le "vaccin efficace à 90%" annoncé par Pfizer

Aucun Commentaire

Laisser un commentaire

PARTAGER

Le Trumpisme fait aussi des émules sous les tropiques – Edito 09/11/2020