EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Le « vintage » postal polynésien en question – Edito 25/01/2021

Il y a quelques semaines Fare Rata, la Poste Polynésienne annonçait de nouvelles mesures très impopulaires à en voir la bronca qui en a découlée sur notre répondeur et les réseaux sociaux. Il était question d’imposer une tarification supplémentaire de 500 Fcp par personne utilisant un numéro de Boite Postale qui serait enregistré sous un autre nom.

Une association de consommateurs s’en était émue, comme du fait qu’en Polynésie le service postal à domicile ne soit toujours pas d’actualité. La direction de Fare Rata leur aurait rétorquée que déjà en déficit structurel de plus de 3 milliards par an, l’embauche de facteurs pour proposer ce service n’était tout simplement pas économiquement viable. Alors soit, c’est en effet un argument qui peut faire mouche surtout par les temps qui courent mais cela veut-il dire pour autant que nous devrions être résolus à nous contenter d’une sorte de minimum légal ? Si tant est que l’on ne considère pas que le courrier déposé dans une boîte aux lettres à domicile ne soit un service minimum dans un Pays digne de ce nom … Et j’oubliais, si tant est aussi, que durant les 3 dernières décennies, quand l’opulence était de rigueur – au point à une certaine époque de pouvoir verser des salaires de plusieurs millions mensuels à des, entre guillemets, « dirigeants » au labeur réel discutable – il n’ait pas été possible de le mettre en branle.

Bref, dans ce cas et nonobstant les quelques centaines de millions qui ont sans doute été nécessaires au rebranding des filiales de l’OPT, pour refaire des identités corporate, la peinture et les comptoirs dans les agences, etc., le bon sens voudrait qu’on ne s’attache pas qu’en priorité à la forme mais aussi au fond. A la fois eu égard au contexte sanitaire qui appelle à la prudence vis-à-vis des rassemblements et des déplacements de personnes, et à la mode du greenwashing bien opportuniste pour se racheter une vertu publiquement à la première occasion, des choses pourraient donc être testées dans ce secteur. Je serais par exemple curieux de connaître rien que pour Papeete l’empreinte carbone de tous ceux qui se déplacent jusqu’à leur boîte postale pour rien. Entre bouchons et guerre de tranchées pour se trouver une place de parking on en vient à regretter qu’au final sa boîte soit vide, et on se satisferait même d’une  facture. Et que dire lorsque c’est un recommandé ou un objet un peu trop volumineux pour lequel vous trouvez un avis mais que vous vous rendez compte qu’en dehors des heures de bureau du lundi au vendredi, il vous est impossible de récupérer quoi que ce soit au guichet sauf à sacrifier votre pause déjeuner ? Une permanence le samedi matin met-elle à ce point en péril tout l’Office ?

Alors gageons qu’avec la nouvelle équipe aux commandes et la majoritaire bienveillance et abnégation des agents, la quête d’un bon sens qui s’inscrirait dans l’air du temps, la recherche d’une efficience modernisée, seront bel et bien mis en chantier. On a vraiment envie de prendre … de nouveaux plis.

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