EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Le virus à l’origine du Gang des cheveux jaunes – Edito 08/02/2021

La Polynésie est en train de vivre une seconde pandémie en parallèle de celle de la Covid-19. La différence majeure étant qu’elle touche exclusivement sa jeunesse. Cela fait en effet presque deux décennies que les premiers cas, alors sans gravité, avaient été remarqués. Il est question aujourd’hui, vous l’avez compris, de ce qu’encore aucun expert scientifique n’a officiellement nommé, mais que pour les besoins de ce billet, nous appellerons, la « teintinite blondia ».

Si donc au cours de ces 20 dernières années il nous a été régulièrement donné de tomber nez à nez avec un ado à la chevelure décolorée à l’eau oxygénée, personne ne s’en était inquiété outre-mesure. Nous tenons là sans doute la cause de l’explosion exponentielle de cas qui aura conduit aux toutes dernières inquiétantes mutations. Difficile de blâmer qui que soit, personne n’a en effet le monopole du bon goût. Vidal Sassoon, Jaques Dessange, Jean-Louis David ou Franck Provost, s’ils les avaient croisés, auraient évidemment été terrassés par un burnout spontané fulgurant face à ce véritable attentat capillaire.

Mais voyez-vous, la « teintinite blondia » a bien engendrée des variants, nettement plus inquiétants que mettre à la mode chez nous ce qui est totalement has been dans le reste du monde. Le premier qui avait été timidement identifié conduisait les infectés à inclure les sons « ere » et « to » arbitrairement et aléatoirement à plusieurs reprises dans chacune de leur prise de parole, quel que soit le sujet. Personne n’a bronché. Le deuxième, a déclenché une frénésie d’achats compulsifs de boombox JBL, où derrière ces initiales ça ne veut pourtant pas dire « Jeunesse Bien Laide », alors que franchement, voire des hordes de gamins déambuler dans les rues de la capitale avec leur musique à fond, se fichant de la pollution sonore et autres gênes qu’ils pouvaient occasionner, ça l’aurait justifié. Encore une fois on a majoritairement laissé faire. Le troisième variant, était déjà nettement plus spectaculaire et aurait dû davantage faire réagir. C’est celui qui se manifestait par des rassemblements, autour de ces fameux Boombox alors mis en réseau, où l’on voyait les participants s’encourager à grand renfort de hurlements bestiaux pour se lancer dans des danses frénétiques dignes de pantins désarticulés. L’on aurait pu s’accommoder sans sourciller de ces étranges chorégraphies où les bras sont lancés dans toutes les directions en penchant son torse d’avant en arrière pendant que les jambes semblent mener leur vie en toute indépendance. Mais, ce qui aurait dû vraiment mettre la puce à l’oreille, c’est lorsque garçons ou filles se sont mis à remuer outrageusement leur derrière comme si le salut pour vaincre le mal qui les rongeait pouvait venir d’une autre forme … d’inoculation.

Et enfin, la dernière mutation en date, celle qui effraie le plus, c’est bien celle qui se manifeste par des meutes adverses de faux blonds peroxydés qui le mercredi se battent en pleine rue à mains nues et commencent même à sortir les couteaux.

J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La première c’est qu’en fait on a déjà le vaccin, le R.A.P., pour « Restauration de l’Autorité Parentale » ; mais l’autre – c’est que malheureusement il faudra d’abord vaincre une autre maladie bien plus pernicieuse, la « Démission Parentale ».

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