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L’éducation à la sexualité « ce n’est pas apprendre à faire l’amour »

Au coeur d’une polémique importée de métropole, l’éducation à la sexualité est inscrite dans le programme scolaire au fenua. Cela fait d’ailleurs plusieurs années qu’elle est enseignée dans les établissements scolaires grâce à des professionnels de santé. Des professionnels qui précisent bien qu’il ne s’agit pas du tout « d’apprendre comment faire l’amour » mais de mener nos jeunes à « avoir un comportement responsable ». « Ce thème est au programme de l’éducation alors on l’applique ou on ne l’applique pas ? Pourquoi faudrait-il  appliquer le programme de mathématiques et pas celui sur la sexualité », s’étonne le ministre de la Santé, Jacques Raynal.

La récente loi Schiappa, qui ne fait qu’obliger les établissements scolaires à appliquer les programmes de 2001 sur l’éducation à la sexualité, a fait couler beaucoup d’encre ces derniers jours sur les réseaux sociaux. Pourtant, le thème est abordé depuis plusieurs années au sein des établissements scolaire du fenua par les professionnels de la santé.

Puea Aroquiam, infirmière en promotion pour la santé à l’hôpital de Afareaitu, échange régulièrement sur ce sujet avec les élèves des classes de CM2 et de 4ème  à Moorea. Dans ce programme, il s’agit surtout pour elle de parler de la prévention des risques dûs à la sexualité et plus particulièrement des infections sexuellement transmissibles, de l’usage des préservatifs, de la prévention des grossesses précoces non désirées chez les jeunes filles, ou encore de la prévention des violences et de l’éducation au respect du corps de l’autre.

Puea affirme que l’éducation à la sexualité est un thème abordé depuis les années 1990 et qu’un « planning est élaboré en partenariat avec le ministère de l’Education ». Elle explique que les échanges relatifs à la sexualité se font « par petits groupes (…), cela permet aux adolescents de pouvoir en discuter car, pour beaucoup, c’est encore un sujet où les adolescents ne parlent pas forcément au sein de la famille. Les adolescents entre eux sont très ouverts ».

Elle précise aussi qu’aujourd’hui « les adolescents ont moins honte d’aborder ce sujet par rapport à nous à notre époque, c’était d’ailleurs un sujet beaucoup tabu avant alors qu’aujourd’hui c’est beaucoup plus ouvert ». Puea Aroquiam précise que, contrairement à ce qui est véhiculé sur les réseaux sociaux, l’éducation à la sexualité ne consiste pas du tout « à apprendre comment faire l’amour ». Elle considère qu’aborder ce sujet amène nos jeunes à « avoir un comportement responsable ».

Le ministre de la Santé, Jacques Raynal, explique qu’en 1988 des états généraux de la santé avaient été organisés en Polynésie et qu’un atelier sur l’éducation à la sexualité avait été mis en place. « Il en était ressorti que l’éducation à la sexualité était un élément nécessaire et, de plus, déjà prévu dans les programmes ». Le ministre de la Santé ne comprend pas tout le tapage autour de ce sujet. Il considère au contraire que « le fait de ne pas aborder cette question ou de la cacher, c’est quelque chose qui peut troubler certains enfants dans le développement propre de leur personnalité en matière de sexualité ».

Pour Jacques Raynal, l’éducation à la sexualité étant intégrée dans le programme scolaire, il faut donc l’appliquer sans sourciller. « Ce thème est au programme de l’éducation. Pourquoi faudrait-il appliquer le programme de mathématiques et pas celui sur la sexualité ? ». Le ministre dit ne pas comprendre pourquoi cet acte q« inhérente à la vie de tous les jours et à la biologie humaine ne peut pas faire l’objet d’un abord tranquille et raisonné ».

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5 Commentaires

  1. Aharau
    6 septembre 2018 à 6h51 — Répondre

    Il y a quand même plus important que ça. Les apprendre le respect et les bonnes manières et surtout la maîtrise de soi. Parce que la grossièreté, la vulgarité et le réflexe de se battre toute de suite juste pour un regard ou un geste…..cest notre quotidien ….

  2. TIARE
    6 septembre 2018 à 13h11 — Répondre

    Biensure qu’il faut aborder à nos enfants l’éducation sur la sexualité mais seulement que celà se fasse à l’age idéale ( au collège ) mais pas en maternelle et primaire

  3. Heitiare
    6 septembre 2018 à 16h35 — Répondre

    Le commentaire de Tiare ci-dessus n’est pas le mien qui ait le même pseudonyme. Je le change donc en Heitiare , pour éviter toutes confusions. Merci

  4. Tane
    6 septembre 2018 à 16h46 — Répondre

    Je me permets de réagir en tant que formateur en éducation à la sexualité au commentaire de tiare. Il y a bien un programme d’Éducation à la sexualité obligatoire pour tous les élèves de 6 ans et jusqu’en terminale. Mais à chaque âge son programme. Bien entendu, en maternelle on n’évoque pas les relations sexuelles mais plutôt le corps humain, la pudeur, le respect de l’intimité. Puis petit à petit la différence biologique entre les sexes, le développement du corps humain. n fin de primaire on est censé commencer à aborder la puberté pour commencer réellement à faire de la prévention sexuelle au collège. Malheureusement les parents ne sont pas suffisamment informés, et c’est pour ça qu’il y a une polémique car chacun y va de sa propre interprétation quand on abord l’éducation à la sexualité.

  5. Rani
    9 septembre 2018 à 17h42 — Répondre

    Tane en lisant ton commentaire à croire hoi que les parents n’ont jamais fréquenté l école et sont incultes . E Mea faut paha arreter de prendre les parents qui sont contre l education a la sexualité en maternelle et primaire pour des ma’au. Tous parents ayant l autorité parentale ont le droit de dire NON à ces séances sur la sexualité et le devoir de les protéger des abus.

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