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Législatives: les députés LR sortants réinvestis, dont le sulfureux Balkany

Paris (AFP) – Le parti Les Républicains a réinvesti quasiment tous ses députés sortants pour les élections législatives de 2017, dont le sulfureux Patrick Balkany, plusieurs fois mis en examen, une décision dénoncée par le candidat à la primaire Bruno Le Maire.

Mis en examen à quatre reprises -pour fraude fiscale, blanchiment de fraude fiscale, corruption passive et déclaration mensongère de patrimoine-, le maire de Levallois-Perret, proche de Nicolas Sarkozy, sera donc de nouveau candidat LR dans les Hauts-de-Seine.

Techniquement, l’investiture de M. Balkany par la Commission nationale d’investitures (CNI) de LR, réunie à quatre reprises entre lundi et mercredi, n’est pas une surprise. Conformément à ce qui avait été décidé par le parti, quasiment tous ses députés sortants ont été réinvestis.

Sur les 198 députés LR, seuls treize ou quatorze ne souhaitent pas se représenter, dont Patrick Devedjian (Hauts-de-Seine).

Mais sur le plan de la morale politique, la décision passe mal chez certains. « Je désapprouve l’investiture de Patrick Balkany. Toujours la même vieille politique ! », a dénoncé sur Twitter Bruno Le Maire, député LR de l’Eure, en course pour la primaire de l’automne et qui se fait fort d’incarner le « renouveau ».

Embarras chez Valérie Pécresse, présidente LR de la région Ile-de-France, visiblement gênée aux entournures, lors de l’émission Questions d’info, de LCP, l’AFP, France Info et Le Monde.

« On a une présomption d’innocence en France, qui est un principe constitutionnel » mais « franchement, aujourd’hui, j’essaie au niveau de ma région » de « façonner une manière de faire de la politique » et « de faire une forme d’exemplarité de l’Ile-de-France », a-t-elle affirmé.

Ministre des droits de la Femme, Laurence Rossignol n’y va pas, elle, par quatre chemins: « le bras d’honneur et le déshonneur », a twitté la socialiste, avec un lien renvoyant à un article sur l’investiture de M. Balkany.

Le nom du député-maire de Levallois-Perret a également été cité début avril, à propos des « Panama papers ». Le cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca, au coeur de cette affaire, a été utilisé pour domicilier dans des sociétés écrans offshore le riad au Maroc de M. Balkany et de son épouse Isabelle.

– Investir des femmes –

Autre décision notable de la CNI: le report du cas Frédéric Lefebvre. Bien que député sortant (circonscription des Français de l’étranger d’Amérique du Nord), il n’a, à ce stade, pas été réinvesti.

L’examen de son cas est « reporté », a indiqué mercredi à l’AFP Christian Estrosi, président  de la CNI. Il y a avec lui « un problème de cohésion du groupe » à l’Assemblée, a avancé Roger Karoutchi, vice-président de la CNI.

« Il est prêt à voter certaines lois du gouvernement (comme il l’a fait pour la loi Macron), il n’avait pas voté la motion de censure de l’opposition », a-t-il rappelé.

De plus, M. Lefebvre, autre candidat à la primaire et ancien proche de Nicolas Sarkozy, a réclamé la démission du président de LR, arguant que ce dernier utilisait les moyens du parti pour faire campagne pour la primaire.

La CNI a par ailleurs tenu à investir des femmes, pour rattraper son retard en matière de parité, qui lui vaut de payer une amende annuelle de 4 millions d’euros. Selon une nouvelle loi, l’amende doit doubler à partir de 2017.

Dans les circonscriptions de « reconquête », celles tenues par la gauche, « on a investi 60% de femmes et 40% d’hommes », a indiqué M. Karoutchi.

La CNI se réunira à nouveau à deux reprises la semaine prochaine pour examiner les quelque 90 cas restants. L’ancienne navigatrice Maud Fontenoy, déléguée à l’Environnement, devrait ainsi être investie dans le Var.

Dans la circonscription de Morlaix (Finistère), l’investiture est réservée pour après la primaire (novembre). Elle se jouera entre la maire sarkozyste de la ville Morlaix Agnès Le Brun et le juppéiste Maël de Calan.

La question du non-cumul des mandats, loi entrant en vigueur en 2017, qui touche nombre de ces élus, n’a pas été abordée, M. Sarkozy voulant inscrire la suppression de cette loi dans le projet de LR pour la présidentielle, projet qui sera soumis au Conseil national du parti le 2 juillet à Paris.

Le député Les Républicains Patrick Balkany à l'Assemblée nationale, le 1er juin 2016. © AFP

© AFP/Archives ALAIN JOCARD
Le député Les Républicains Patrick Balkany à l’Assemblée nationale, le 1er juin 2016

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