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Léonore Baulac et Germain Louvet au firmament de l'Opéra de Paris

Paris (AFP) – Il est la plus jeune étoile du ballet, elle a longtemps patienté en coulisses avant d’accéder aux premiers rôles: Germain Louvet, 23 ans, et Léonore Baulac, 26 ans, ont rejoint entre Noël et Nouvel an le club très fermé des 19 étoiles de l’Opéra de Paris.

Germain Louvet a tout du prince charmant, corps délié aux mouvements fluides. Léonore Baulac, fine comme un roseau, cache derrière un visage angélique aux cheveux blonds une détermination de fer. Deux jeunes gens portés par leur rêve de danse depuis l’enfance.

– A 4 ans déjà – 

Tous deux commencent à 4 ans dans un petit club de danse, à Givry en Bourgogne pour lui, à Saint-Cloud, près de Paris, pour elle. Les parents ne sont pas danseurs. Germain est même très loin de la danse: son père travaille dans le milieu vinicole comme commercial, sa mère est assistante sociale. « On allait au festival Chalon dans la rue, c’était une ouverture au monde du spectacle », dit-il.

Il rentre à l’école de danse de l’Opéra de Paris à 12 ans. « Ça a été pour moi un truc extraordinaire, c’était Harry Potter! » s’exclame-t-il. « J’étais pensionnaire, et je rencontrais enfin d’autres garçons danseurs alors qu’au conservatoire j’étais le seul garçon! »

Léonore connait des débuts plus laborieux: elle rate deux fois le concours d’entrée à l’École de danse, qu’elle finit par intégrer à 15 ans. »Je ne suis pas du genre à laisser tomber ».

Tous deux entrent à 18 ans dans le corps de ballet de l’Opéra de Paris. Mais ils ne sont pas au bout de leur peine: il faut encore grimper les échelons à travers le fameux concours annuel de promotion, de « quadrille » à « coryphée », « sujet », « premier danseur » et enfin « étoile », le titre suprême.

Pour Léonore, c’est « un démarrage en côte »: elle met cinq ans à passer de quadrille à sujet. « On reste en coulisses à attendre un remplacement, c’est très frustrant ». Sa plus grande qualité? « La détermination », dit-elle en riant. 

Ils grimpent ensuite les échelons ensemble, et forment un couple de rêve à la scène – mais pas à la ville – de « Casse-Noisette » à « Roméo et Juliette ».

– Angoisse du concours –

Leur meilleur souvenir? « Roméo et Juliette » de Noureev, que Léonore danse avec une côte cassée: « C’était le rôle de mes rêves, il était hors de question d’y renoncer ».

Leur pire souvenir? Le concours, cette épreuve devant un jury où le candidat a quelques minutes pour convaincre. « C’est la pire sensation, de se sentir jugé, d’être uniquement un objet de comparaison avec les autres », dit-il. « C’était un peu plus dur chaque année psychologiquement », renchérit-elle.

– Vers les étoiles – 

C’est Benjamin Millepied, alors directeur de la danse, qui donne leur chance à Léonore et Germain, en leur confiant les rôles d’étoile dans « Casse-Noisette » alors qu’ils ne sont que coryphée. « Le fait de lancer des jeunes sur des rôles, Noureev le faisait mais c’était moins évident ces dernières années. La compagnie s’était habituée à voir les gens attendre 28 ou 29 ans avant d’avoir des premiers rôles et d’être nommés étoile », explique Germain. « Ça a brusqué les esprits que Benjamin arrive et donne des rôles d’étoile à des coryphées de 21 ans ».

Comme Germain, Léonore adorait travailler avec Benjamin Millepied mais reconnait que « ça ne fonctionnait pas ». « Pour une poignée de danseurs qui étaient ses favoris c’était génial, on était galvanisés, mais la compagnie dans son ensemble souffrait », dit-elle.

Benjamin Millepied a quitté son poste au bout d’un an, et c’est Aurélie Dupont, qui lui a succédé l’an dernier. Elle a nommé avec Germain et Léonore ses premières étoiles. « Aurélie était sur la même longueur d’onde, il y a une continuité », souligne Germain.

– La nomination – 

« On est nommé directement sur scène à la fin du ballet, il y a soudain beaucoup de monde en coulisses, des officiels comme Stéphane Lissner (le directeur de l’opéra) et Aurélie Dupont, et il faut essayer de rester concentré », dit-il.

« J’étais dans ma bulle de concentration, c’était ma seule représentation du Lac des cygnes et il ne fallait pas la rater! J’ai été submergée par l’émotion, tout à coup c’est le rêve d’une vie qui se réalise » confie-t-elle. 

La danseuse Léonore Baulac, le 19 janvier 2017 à Paris  . © AFP

© AFP Eric Feferberg, Eric Feferberg
La danseuse Léonore Baulac, le 19 janvier 2017 à Paris

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