EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Les anti-bruit ne sont pas que des blancs âgés – Edito 31/05/2021

C’est un peu triste de voir et d’entendre certaines réactions suite à la médiatisation de l’assemblée générale de l’association Te Ora Hau qui lutte contre les nuisances sonores. Celle-ci, vent debout depuis plusieurs années, ne se décourage pas, continue de fédérer des victimes manifestement de plus en plus nombreuses, et en appelle à la responsabilité des pouvoir publics afin, au moins dans un premier temps, que la panoplie de mesures préventives et coercitives déjà prévue par la loi soit mise en oeuvre. Et selon leur constat, c’est loin d’être le cas.

C’est ainsi d’abord un élan des gérontophobes, en gros des anti-vieux, qui se fait jour en pole position, suivi de près par des anti popa’a ou retraités popa’a, mais qui bien sûr à les lire sur ce point ils ne seraient pas du tout racistes, « mais quand même ». Quelque part on peut comprendre la colère d’une jeunesse qui en a gros sur la patate avec des mesures privatives de liberté depuis plus d’un an, pour le bien de leur santé, mais au détriment de leur épanouissement personnel. En outre les fans et autres adeptes des voitures dites « boom boom » font depuis des années leurs réunions bruyantes où ils le peuvent faute de bénéficier d’un lieu dédié par les autorités, un spot où ils pourraient attenter à leur seule ouïe et pas à celle de ceux qui n’ont rien demandé.

Mais est-ce pour autant une justification suffisante pour vilipender en place publique des gens qui souffrent et qui n’en peuvent plus ? Des personnes qui en arrivent à se fédérer en association tellement la gêne qui leur est imposée influe sur leur vie quotidienne, voire même leur santé physique et mentale ? Il y a là la preuve qu’un gros effort pédagogique commun, en termes d’éducation civique, est à offrir d’urgence à ceux qui estiment que leur liberté peut prévaloir sur celle des autres.

En arriver à stigmatiser et tenter de ridiculiser des personnes qui se plaignent en relevant leur âge ou leur origine ethnique n’est pas censé être digne de quelqu’un dont l’intelligence doit pouvoir conduire la manière dont on exprime une liberté. Être libre ce n’est pas, et ça n’a jamais été, faire ce qu’on veut quand on veut quelles que soient les conséquences pour autrui. Et le plus navrant ici c’est qu’en dehors de se méprendre sur la manière de contre attaquer pour décrédibiliser, ils se trompent de cible. Car non, il n’y a pas que des vieux et des popa’a qui se plaignent. Le besoin précieux de calme et de sérénité lorsque l’on est chez soi est commun à une frange largement majoritaire de la population, toutes catégories qui la composent confondues. Il n’est pas question de priver untel ou untel de monter le volume de temps en temps car il a quelque chose d’exceptionnel à fêter, il s’agit juste de ne pas se croire en permanence seul au monde et d’imposer un style de vie à ceux qui ne vivent pas dans la même bulle. Par l’apprentissage du mieux vivre ensemble, dès le plus jeune âge, on gagnerait largement au change d’une société plus apaisée, plus soudée, et ça, ça mériterait de faire du bruit.

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