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Les anti-Trump convergent vers Washington

Washington (AFP) – Bonnets roses sur la tête, des milliers de personnes, dont une écrasante majorité de femmes, convergeaient samedi matin vers le centre de Washington pour manifester contre le nouveau président américain Donald Trump, investi la veille pour un mandat de quatre ans.

Cette « Marche des femmes », qui espère réunir dans la capitale fédérales 200.000 personnes venues de tout le pays, témoigne à elle seule de la fracture de la société américaine.

Les organisatrices annoncent environ 300 « marches soeurs » dans d’autres villes des Etats-Unis dont New York, Boston, Los Angeles et Seattle, ainsi qu’au-delà des frontières américaines. 

Des milliers de manifestants, hommes et femmes, ont ouvert la journée en défilant, sans incident, en Australie et Nouvelle-Zélande samedi.

« Je veux protéger nos droits et attirer l’attention sur le fait que quand les gens manifestent ensemble, ils sont forts », témoigne Trisha Norman, 72 ans, venue de Caroline du Nord, en route vers la manifestation.

Le métro de la capitale était plein samedi matin de femmes portant des bonnets roses à oreilles de chat (« pussy hats »), devenus le symbole de l’opposition à Donald Trump.

Une initiative baptisée « Pussyhat Project » fédère des adeptes du tricot qui ont confectionné ces couvre-chefs pour les manifestantes.

Le terme « pussy » désigne en anglais l’animal domestique, ou le sexe féminin. C’est ce mot que Donald Trump avait utilisé dans une vidéo qui avait fait scandale en octobre, où il se vantait de pouvoir se payer les femmes qu’il voulait et de les « attraper par la chatte ».

– Défiance –

Dans un tweet matinal, le nouveau président américain a salué une « une journée fantastique à Washington D.C. » et remercié Fox News pour ses commentateurs flatteurs de son discours la veille.

Jamais depuis 40 ans un président des Etats-Unis n’a suscité une telle défiance à sa prise de fonctions.

Avant même d’avoir achevé ses premières 24 heures à la Maison Blanche, le nouveau président républicain se retrouve interpellé par de multiples catégories d’Américains d’origines très diverses, mais fédérés par une même inquiétude.

« La famille de mon mari est immigrée, ils sont musulmans. Et aucun d’entre eux n’est un terroriste », soutient une manifestante dans le métro Barbara Hilton, 62 ans.

Dans son discours d’investiture vendredi au Capitole, Donald Trump a donné le ton de son mandat: résolument populiste, de tendance nationaliste et en rupture implacable avec son prédécesseur, Barack Obama.

Son premier décret, signé vendredi soir dans le Bureau ovale à la Maison Blanche devant les caméras de télévision, s’inscrit dans cette volonté: il ordonne à son administration de libérer autant que possible les acteurs du système de santé des obligations de la réforme du système de santé dite « Obamacare », détestée des conservateurs pour son coût et sa lourdeur.

A son agenda, le nouvel homme le plus puissant du monde a seulement rendez-vous samedi à 09H30 (14H30 GMT) à la cathédrale nationale de Washington pour un office oecuménique, en présence de religieux chrétiens, mormon, hindou… ainsi que d’un rabbin et d’un imam.

Son équipe a donné rendez-vous lundi pour de nouvelles décisions politiques significatives.

– Des célébrités –

Les contestataires de la marche de samedi défileront à partir de 10H00 (15H00 GMT) sur le National Mall de la capitale fédérale, la vaste esplanade en face de laquelle le milliardaire a justement été intronisé 45e président des Etats-Unis vendredi.

On peut donc s’attendre à des comparaisons en termes de mobilisation, d’autant plus que Donald Trump n’a réussi à rassembler qu’environ un tiers de la foule qui avait acclamé Barack Obama en 2009, selon une estimation d’un expert cité par le New York Times.

Cette « Marche des femmes », principale manifestation prévue samedi, trouve sa genèse dans un simple appel posté sur Facebook qui a fait tache d’huile. Il émane d’une grand-mère, Teresa Shook, avocate à la retraite vivant jusque-là dans un anonymat paisible à Hawaï.

Le cinéaste Michael Moore, l’actrice Scarlett Johansson ou la militante des droits civiques Angela Davis sont quelques-unes des célébrités qui s’exprimeront. Les chanteuses Katy Perry et Cher soutiennent cette initiative.

Les organisateurs auront à coeur de se montrer en nombre et dans le calme, après les violences de vendredi dans quelques rues de la capitale, qui ont conduit à l’interpellation de plus de 200 personnes.

– Droits civiques –

Certains signes laissaient présager une forte mobilisation, comme les 1.200 autocars ayant demandé un permis de stationnement, ou l’ampleur prise par l’initiative sur les réseaux sociaux (#WhyImarch, #womensmarch, #NotMyPresident…).

La « Marche des femmes » est aussi soutenue par des dizaines d’organisations progressistes en opposition frontale avec Donald Trump: défenseurs des droits civiques, des immigrés, des musulmans, du droit à l’avortement ou des drogues douces… des écologistes, féministes, pacifistes, homosexuels, Noirs et Amérindiens, bref un melting-pot de citoyens inquiets.

Sans compter le soutien d’Amnesty International et de Planned Parenthood, le plus grand réseau de planning familial du pays.

Manifestation anti-Trump quelques heures après l'investiture du 45e président des Etats-Unis, le 20 janvier 2017 à Chicago. © AFP

© AFP derek henkle
Manifestation anti-Trump quelques heures après l’investiture du 45e président des Etats-Unis, le 20 janvier 2017 à Chicago

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