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Les associations dénoncent une « mascarade » sur la Loi Morin

©Cédric Valax

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Les associations Moruroa e Tatou et 193 ont dressé jeudi matin le bilan de leur déplacement à Paris le 6 juillet dernier, lors de la présentation par la ministre de la Santé, Marisol Touraine, du projet de modification du décret d’application de la loi Morin. Loin d’être convaincues, les associations voient dans ce texte « une mascarade »et « un piège ». Elles estiment que « la volonté d’indemniser n’existe pas »pour l’État. Les associations qui renouvellent localement leur appel au président Édouard Fritch pour la tenue d’un referendum sur la question du nucléaire et qui menacent d’actions« imminentes » si elles ne sont pas entendues.

Conformément aux engagements pris par le Président de la République, François Hollande, lors de son passage en Polynésie française en février dernier, le décret d’application de la loi Morin, permettant l’indemnisation des victimes des essais nucléaires, va être prochainement modifié. La nouvelle version du texte a été présentée le 6 juillet dernier à Paris par la ministre de la Santé, Marisol Touraine, à l’occasion d’une réunion du Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN). En plus du président de la Polynésie, Edouard Fritch, du président de l’assemblée, Marcel Tuihani, de la sénatrice Lana Tetuanui et des députés Mahina Sage et Jonas Tahuaitu, les associations antinucléaire Moruroa e Tatou et 193 étaient autour de la table. « Une parodie, une mascarade », pour le président de Moruroa e Tatou, Roland Oldham, et celui de l’Association 193, père Auguste Uebe-Carlson, qui sont revenus jeudi sur le bilan de ce déplacement en métropole. «Il y a encore la théorie des essais propres, ils ne sont pas persuadés qu’il y a vraiment un problème en Polynésie suite aux essais », explique le père Auguste suivi par Roland Oldham qui, pour sa part, est persuadé que cette nouvelle mouture du texte est « un piège » destiné à faire perdre du temps aux associations de défense des victimes. « C’est un traficotage pour encore jouer la montre », insiste Roland Oldham, convaincu que du côté de l’État, « la volonté d’indemniser n’existe pas ». Il en veut pour preuve le maintient de la notion de « risque négligeable » que les associations veulent voir disparaître du texte. Et Roland Oldham de s’en prendre violemment à l’attitude jugée « inadmissible »de Marisol Touraine lors de cette réunion.

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Pour les associations Moruroa e Tatou et 193, le seul point positif de ce déplacement est la présence des élus Polynésiens, unis autour de la question du nucléaire et de l’indemnisation de ses victimes. Mais le père Auguste, fort de sa pétition signée par plus de 45000 Polynésiens, aimerait la même unité une fois au fenua.

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Et les associations de menacer : « Si nos élus restent indifférents à l’appel du peuple Polynésien, qu’ils soient assurés qu’une étape suivante sera entamée de manière imminente ».

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1 Commentaire

  1. tupai
    22 juillet 2016 à 9h34 — Répondre

    il faut aller plus loin : porter plainte contre l’Etat français et informer l’ONU

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