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Les chauffeurs VTC suspendent leur mouvement le week-end de Noël

Paris (AFP) – Les chauffeurs de VTC ont décidé vendredi, à l’issue d’une journée de mobilisation, de suspendre leur mouvement pendant le week-end de Noël et attendent désormais des propositions concrètes de la plateforme de réservation Uber dont ils jugent les tarifs « indignes ».

« Nous avons décidé, par respect pour la population, de suspendre le mouvement au moins jusqu’à lundi », a déclaré à l’AFP Fabian Tosolini (CFDT-Transports). « Nous allons faire la trêve des confiseurs pendant le réveillon de Noël », a confirmé Jean-Luc Albert, de l’association Actif-VTC.

Cette trêve durera « jusqu’à ce qu’Uber clarifie sa position », a ajouté M. Albert, en référence aux déclarations du directeur général de la plateforme américaine pour l’Europe de l’Ouest, Thibaud Simphal. Ce dernier a affirmé dans une interview au magazine Altereco qu’Uber était « ouvert aux discussions pourvu qu’elles concernent l’ensemble du secteur », et dans ce cas, a-t-il assuré, « nous sommes prêts à rogner nos marges ».

Hemli Mamlouk, de Capa VTC, a dit « rester vigilant » sur ce qu’annoncera Uber, tout en reconnaissant dans ce qu’a dit Thibaud Simphal « des avancées, des ouvertures possibles ». Il a dit prévoir une reprise du mouvement des VTC mardi.

Les chauffeurs VTC réclament que la plateforme américaine accepte un retour aux tarifs d’avant octobre 2015: 8 euros minimum la course, contre 6 actuellement, et 20% de commission, au lieu de 25% aujourd’hui.

M. Albert a par ailleurs annoncé que les chauffeurs, réunis désormais au sein de « huit » organisations et syndicats, souhaitaient saisir la justice afin d’obtenir une « requalification de leurs contrats Uber en contrats de salariat ».

La mobilisation de vendredi avait démarré par une manifestation aux abords des aéroports parisiens, avant une opération escargot vers le siège d’Uber dans le XIXe arrondissement, qui a perturbé pendant plusieurs heures la circulation sur l’A1.

Selon Actif-VTC, environ 250 chauffeurs se sont mobilisés au plus fort, 400 selon l’Unsa-VTC. Une source aéroportuaire avait dénombré 100 à 180 VTC au départ de Roissy. 

La CFDT-Transports a salué « une vraie mobilisation sans heurts ni violence ». La préfecture de police a recensé 67 verbalisations et deux procédures pour délit d’entrave. La semaine dernière, de premières manifestations avaient été émaillées d’incidents. Une cinquantaine de chauffeurs se sont aussi rassemblés vendredi à Lyon, selon la préfecture.

– Déconnexions –

Après l’échec mardi des discussions avec Uber, le gouvernement a chargé un médiateur de mener d’ici au 31 janvier une négociation sur quatre points: la tarification, les charges, la protection sociale et les conditions de déconnexion des plateformes.

Pour faire fléchir Uber, des organisations de chauffeurs ont aussi appelé les VTC à se déconnecter massivement de la plateforme et à rejoindre d’autres applications.

L’application Marcel, dont la commission est à 15%, a indiqué à l’AFP avoir enregistré depuis le début de la semaine un « gros pic de demandes de chauffeurs », tout comme Allocab.

Uber concentre les critiques du fait de sa position très majoritaire sur le marché des applications mettant en relation VTC et clients, et parce que, selon les syndicats, il « tire les prix vers le bas ».

Mardi, Uber avait refusé de céder sur les tarifs, annonçant en contrepartie la création d’un fonds d’aide de deux millions d’euros mais sans autre précision.

Dans un communiqué vendredi, la Fédération française du transport de personnes sur réservation (FFTPR), qui regroupe plusieurs autres plateformes comme Chauffeur privé ou Marcel, assure « réfléchir à des solutions concrètes en vue de continuer à offrir aux chauffeurs VTC des conditions de travail et de rentabilité satisfaisantes », selon son président Yves Weisselberger.

En réponse aux mouvements sociaux déclenchés ces derniers mois par taxis, VTC et Loti (transport collectif à la demande), qui se disputent une même clientèle, la proposition de loi du député socialiste Laurent Grandguillaume a été adoptée définitivement mercredi. 

Dans le sillage de la loi Thévenoud de 2014, elle précise les obligations des plateformes de VTC, leur interdit d’imposer des clauses d’exclusivité aux chauffeurs et prévoit la mise en place d’un tronc commun d’examen pour les taxis et VTC.

Manifestation de VTC à la Porte de la Villette, le 23 décembre 2016  . © AFP

© AFP Christophe ARCHAMBAULT
Manifestation de VTC à la Porte de la Villette, le 23 décembre 2016

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