EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Les dangers réels de l’effet boule de neige numérique – Edito 20/10/2020

Sur le territoire français, pour la première fois de notre histoire, une décapitation à vocation punitive d’ordre islamiste a été perpétrée sur un professeur de collège. C’est effarant, il se dit que personne ne l’avait vu venir et pourtant …

Aujourd’hui je serais curieux de savoir quelles pensées habitent tous ceux qui étaient encore il y a peu absolument persuadés que la vie numérique est en fait une bulle qui ne reflète pas la réalité de terrain et qui se voudrait même sans incidence sur celle-ci ? Nous avons pourtant ici l’exemple parfait de la terrifiante passerelle qui peut naître entre l’hystérie orchestrée sur les réseaux sociaux et la vraie vie. Lorsqu’une cabale contre un individu ne reflétant qu’un seul point de vue est lancée via le post de vidéos propices à susciter l’indignation, et de l’emballement qui en découle.

Je n’ai pas la prétention que mes mots valent plus que ceux des autres, mais il m’est souvent arrivé de regretter que certains de mes propos les plus bienveillants, humanistes, ceux incitant à la réflexion afin d’aiguiser son libre arbitre, avec le moins de provocation possible, ne bénéficient pas des mêmes effets des algorithmes de Facebook dont d’autres profitent. C’est comme si l’essence de ces plateformes reposait sur une analyse orientée des contenus publiés afin de susciter des interactions dites « sociales » en ne se basant que sur un potentiel passionnel, sur l’opposition des uns avec les autres. La viralité des publications apparaît artificiellement boostée par leur potentiel à engendrer le conflit.

Si un tel emballement électronique ne s’était pas fait, sur la base d’une sorte de « Fatwa » lancée par le père d’une élève musulmane, que le sentiment de rejet et la volonté de sanction n’avaient pas été prônés, qu’un communautarisme nauséabond ne s’en était pas emparé, alors, peu de chances qu’un malade mental radicalisé vivant à 100 bornes de là ne soit passé à l’acte au nom de son Dieu.

Il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Se bercer d’illusions sur la nature de notre espèce en se réfugiant dans une naïveté cotonneuse est devenu périlleux. Non seulement il n’est plus possible d’ignorer le potentiel de nuisance de la sphère des réseaux sociaux et de son rejaillissement potentiel dans le monde physique, mais il est d’autant plus dangereux de le minimiser lorsque ces outils sont pollués au sein d’une petit Territoire comme le notre où Facebook jouit d’une énorme popularité.

La liberté d’expression est dévoyée lorsque celle-ci revient à permettre à des lobbies idéologiques, de quelque nature soient-ils, à quelques énergumènes toxiques, de tirer la couverture et de publier partout, tout le temps et qu’en plus l’architecture du système informatique qu’ils utilisent les aide par défaut. Jusqu’à quand auront-ils les moyens que leur pollution binaire faite de 0 et de 1, mette KO les vrais cerveaux ?

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