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L’Eglise protestante s’attaque au « crime » nucléaire

© Lucie Rabréaud

© Lucie Rabréaud

L’Église protestante maohi (EPM) a rendu les conclusions de son 132e synode dimanche matin et le nucléaire en est le sujet principal. Pour les dirigeants de l’EPM, l’État français « ne prête aucune attention réelle aux malheurs du peuple ». Les actes « graves et fautifs » de l’État pourraient être qualifiés de « crimes contre l’humanité ».

L’Église protestante maohi (EPM) a fait du nucléaire le sujet principal des conclusions de son 132e synode. Sous le titre « la contamination atomique », les dirigeants de l’EPM écrivent leur « extrême inquiétude face à l’attitude de l’État français qui ne prête aucune attention réelle aux malheurs du peuple ». Ils souhaitent que le 2 juillet, date anniversaire du premier tir des essais nucléaires, soit retenu comme date « mémorial » pour que le peuple se souvienne « du destin funeste que lui a réservé l’État français depuis ce jour ». L’Église protestante maohi explique que « l’ensemble des actes graves et fautifs perpétrés par l’État français pourraient être qualifiés de crimes contre l’humanité » et que le conseil supérieur de l’EPM « envisage de poursuivre l’État français devant l’organisation des Nations Unies ». Pour Taaroanui Maraea, le président de l’Église protestante maohi, il s’agit de parler de l’avenir des Polynésiens, car la contamination nucléaire est dans les gènes et les essais nucléaires ont des répercussions sur le futur du peuple maohi.

Taaroanui Maraea précise qu’il s’agit aujourd’hui de se positionner clairement et de le faire savoir à l’ONU. « Nous avons une voix privilégiée qui nous conduit aux Nations Unies : le conseil œcuménique des Églises qui a un bureau à l’ONU », explique-t-il. Mais si interpeler l’ONU ne suffit pas, une plainte contre l’État français pour « crime contre l’humanité » pourrait être déposée. Quand et comment ? « Il faut qu’on y travaille », indique Taaroanui Maraea. L’Église protestante maohi veut obtenir une reconnaissance pleine et entière de la France sur les conséquences des essais nucléaires. Les mots du président de la République, François Hollande, lors de sa visite le 22 février dernier, ne suffisent pas.

Dans ses conclusions, l’Église protestante maohi a également fait part de sa satisfaction concernant le projet de résolution qui doit être adopté à l’ONU sur la Polynésie française, notamment sur la reconnaissance de la souveraineté du peuple maohi sur ses ressources naturelles : « Le conseil supérieur exprime sa satisfaction à l’égard de l’ONU visant à ce que le patrimoine ancestral soit restitué au peuple maohi, afin qu’il puisse en être le gardien et le gestionnaire et qu’il soit protégé de l’avidité des sociétés étrangères. » L’EPM répète aussi son opposition au projet Ecoparc dans la vallée de la Papenoo et encourage le peuple à exprimer son attachement à la préservation de la Terre.

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5 Commentaires

  1. Polux
    8 août 2016 à 9h45 — Répondre

    Alors l’église protestante veut encore se mêler de politique comme dans les années 60 et 70 ?
    Ils ne peuvent pas s’occuper des problèmes d’église ? Je me suis éloigné de l’église à cette époque car ils me prenaient la tête à vouloir se mêler de politique et maintenant ils recommencent. Vade retro satanas.

  2. Brice NEHAM
    8 août 2016 à 10h28 — Répondre

    Petit rappel: Les premiers colons de la Polynésie, ce sont les pasteurs de la London Missionary Association (L.M.A.) qui débarquèrent un certain 5 mars à la Pointe Vénus, accompagnés de militaires anglais armés (Voir la liste sur la stèle à cet endroit). Ce sont eux qui ont installé leur culte et donc leur culture européenne, en faisant détruire les « maraes », interdire le « ori tahiti » (danse tahitienne) jugé trop lascif, imposé la robe… missionnaire, traduit la bible en tahitien pour pieux pénétrer les consciences locales. Ils ont supplié la reine d’Angleterre d’étendre son protectorat sur Tahiti, laquelle, pour des raisons mystérieuses n’a pas accédé à leur nombreuses demandes. Lorsque le France a mis son protectorat sur Tahiti et ses îles, QUARANTE ANS plus tard, ils avaient largement mis à mal la culture polynésienne et décimé de maladies importées la population. Ce n’est pas le fait de rajouter « maohi » au nom de leur église qui change cette cruelle réalité et fait de cette Eglise un culte autochtone…
    La France dans sa grande mansuétude n’a pas expulsé les pasteurs anglais, qui ont pu ainsi au fil de leurs homélies diffuser leur rancœur de voir leur pré carré leur échapper, pour les remplacer par des pasteurs protestants français. C’est de là que vient ce sentiment diffus anti-français.
    Face à l’échec réitéré du principal parti indépendantiste, à cause de sa vision passéiste, rancunière et isolationniste de cette cause, l’Eglise Protestante Maohi, digne héritière de l’Eglise anglicane, prend le relais d’une action politique qu’elle estime sans doute inefficace pour ramener la Polynésie dans le giron anglo-saxon.. Nous ne somme plus sur le plan de la foi, mais celui de la politique.
    Je suggère donc aux autorités locales d’intenter un procès à l’E.P.M. pour destruction massive du patrimoine culturel matériel et immatériel Maohi qui a fait bien plus de dégâts que ceux que l’on peut attribuer à ce jour aux essais.
    Ce serait bien aussi que l’Etat ne réitère pas sa mansuétude face à des religions qui tentent d’imposer leur point de vue, en métropole.

  3. Manua987
    8 août 2016 à 13h21 — Répondre

    C’est maintenant que l’église protestante se réveille? C’est du grand n’importe quoi et au lieu de vouloir poursuivre l’état, pourquoi ne pas poursuivre les traîtres polynésiens de mèche avec l’état qui ont sacrifié la Polynésie contre de l’argent pour ces essais nucléaires…car si Pouvanaa n’avait pas été vendu par ces mêmes traîtres, il n’y aurait sûrement pas eu d’essais nucléaires, alors à bon entendeur…

  4. 9 août 2016 à 7h48 — Répondre

    Je trouve que l’Eglise protestante polynésienne a raison de porter plainte contre l’Etat français.
    Ce que la France a fait au Sahara et ce qu’elle a fait en Polynésie, est absolument honteux.
    Ne pas le reconnaître et utiliser la Justice corrompue contre les victimes est encore plus honteux.
    Voyez comment une victime des essais nucléaires est traitée par l’Armée, par la Justice, par les Associations, par les Médias…
    Voici le lien avec mon site:
    https://sites.google.com/site/irradieparlarmee/
    Bonne lecture.
    Jacques LECOQ

  5. simone grand
    9 août 2016 à 9h22 — Répondre

    le préjudice moral de la LMS n’a pas encore été évalué ni celui de sa responsabilité dans la diffusion des maladies introduites par des regroupements imposés en pleine épidémies, qui ont ramené la population à 6600 survivants à Tahiti en 1842, sans compter la destruction des arbres à pain par John Orsmond en 1817 pour attirer les affamés avec des produits importés et mieux les manipuler et les convertir en masse en 1818.
    en outre, le principe de désigner des coupables pour se complaire dans le rôle de victimes n’a rien d’un comportement adulte responsable qui assume ses erreurs et ses succès. Car dans l’installation du CEP, les Français ne sont pas seuls responsables dans l’emprisonnement de Pouvana’a. Arrêter de falsifier l’Histoire ferait le plus grand bien à tous.

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