
« Faut-il interdire ou encadrer l’usage des réseaux sociaux chez les mineurs en Polynésie ? ». C’est la question qui était posée par des étudiants de première et deuxième années de l’université, qui avaient réuni un panel d’élus, de responsables associatifs ou médiatiques, de spécialistes de la jeunesse ou d’influenceurs au Cesec ce vendredi. Un débat qui intervient alors qu’une proposition de loi est en voie d’être adoptée à Paris pour interdire Facebook, TikTok, Snapchat ou Instagram aux moins de 15 ans. Son application en Polynésie pose encore question, puisque le texte a été plusieurs fois remanié. Quoi qu’il arrive, des réflexions sont lancées pour une réglementation propre au fenua.
L’idée des étudiants de licence STES (Sciences de la Transition Écologique et Sociétale) et de Géographie, dans le cadre de leur cours de Droit des institutions, était donc de ne pas laisser le débat à Paris, mais de le créer localement. Car pour Tautai Becquet, en deuxième année de licence STES à l’université, la protection des mineurs contre le cyberharcèlement, les discours toxiques ou les algorithmes « abrutissants » est aussi un enjeu important au fenua :
Loin du petit projet de travaux pratiques, la séance a été préparée, orchestrée, animée et médiatisée par les étudiants sur le modèle d’un grand débat citoyen. Avec un plateau d’invités à la mesure des enjeux. On croisait ainsi, sur les bancs du Cesec ou à la tribune, des spécialistes de la jeunesse ou du numérique, des représentants des médias, et notamment de Radio1 et Tiare FM, des parents d’élèves, des influenceurs et aussi des parlementaires comme Nicole Sanquer et Mereana Reid-Arbelot, qui a rappelé l’état du débat législatif national et les limites de l’application du texte en Polynésie. Si la députée a rappelé que le texte ne sera étendu au fenua que par une mention expresse, cette application pose encore question, puisque la version finale de la loi n’a pas encore été votée. Plusieurs élus de l’assemblée ont aussi participé aux débats : des réflexions sont déjà lancées sur une réglementation locale, pour transposer ou compléter les règles nationales. Parmi les prises de parole attendues, celle de la consule d’Australie Greta Whyte qui a rappelé que son pays a été précurseur en matière d’interdiction des réseaux sociaux, en l’occurrence aux mineurs de moins de 16 ans. La loi est en vigueur depuis décembre dernier de l’autre côté du Pacifique, et si le gouvernement de Canberra ferraille encore avec Meta et les groupes exploitants des réseaux sociaux pour parfaire son application, ses effets bénéfiques se font déjà voir :