
Les familles toujours interdites d’accès à leur habitation après l’éboulement tragique de Afa’ahiti se sont regroupées ce samedi au sein d’un collectif. Il s’agit d’obtenir des réponses auprès du Pays et de l’État à beaucoup de questions en suspens : la zone de protection va-t-elle être levée ? Qu’ont révélé les expertises menées jusqu’à la semaine dernière ? Y aura-t-il des dédommagements ? Un accompagnement supplémentaire pour le relogement ? Une rencontre est prévue mardi à Afa’ahiti avec la vice-présidente Minarii Galenon et des représentants du haut-commissariat.
Pas question de communiquer auprès des médias pour l’instant : les premiers mots du collectif – qui doit être formalisé en association – sont réservés à l’administration. Il faut dire que c’est l’objectif principal de ce regroupement : obtenir des réponses pour la petite vingtaine de famille dont les habitations sont interdites d’accès depuis l’éboulement mortel du 26 novembre. Beaucoup d’entre elles expliquaient début décembre, ne pas « pouvoir se projeter », et alors qu’une partie du quartier de Te Honu reste en zone de protection – les habitations ne sont accessibles qu’accompagné de pompiers ou des forces de l’ordre – ou en zone d’exclusion totale. La catastrophe remonte maintenant à près de 20 jours et les choses n’ont que peu évoluées.
La plupart des locataires et propriétaires ont tout de même trouvé, côté Pays, des réponses sur leur relogement « d’urgence », pour beaucoup à la résidence OPH La Dorsale, où une vingtaine d’habitations, pas toutes meublées sont désormais réservées à ces familles. Mais c’est le plus long terme qui inquiète. Comme l’a expliqué Moetai Brotherson sur Polynésie la 1ere ce dimanche soir, seules les ménages rentrant dans les conditions de revenus prévus par l’OPH pourront rester : les autres sont accueillis en attendant « de mener leur démarche » pour se reloger dans le privé.
Pas d’informations sur les expertises
Chez les familles délogées ou les propriétaires des maisons, dont beaucoup ont perdu leurs locataires, mais ont parfois toujours des crédit à rembourser, le flou sur l’avenir peine à se dissiper. D’autant que les autorités n’ont rien laissé paraître des premières conclusions des analyses menées à Te Honu depuis le drame, notamment celle des experts calédoniens et métropolitains arrivés dès le 27 novembre, et qui ont quitté le fenua le weekend dernier. C’est pourtant ces expertises, dirigées par les services de l’État, qui doivent permettre de prendre des décisions sur l’évolution des zones d’exclusion. Et donc sur d’éventuels retours à la maison, pour l’instant exclus par les autorités.
Les interrogations portent aussi sur d’éventuels travaux à mener sur la zone, sur les dédommagements dont pourraient bénéficier les familles délogées. Ou sur l’évolution de l’enquête pour homicide involontaire ouverte par le parquet, qui pourrait pointer des responsabilités. La procureure de la République Solène Belaouar avait pris soin d’expliquer le 3 décembre que cette enquête, ralentie, elle aussi, par le périmètre de protection, s’inscrirait dans le temps long et pourrait être confiée à un juge d’instruction pour permettre aux familles de se constituer partie civile.
Autant de sujets qui doivent être abordés lors d’une rencontre avec les autorités du Pays et de l’État ce mardi à Afa’ahiti. La vice-présidente en charge des Solidarités Minarii Galenon doit y participer, des représentants du Haut-commissariat aussi. Les différents acteurs publics doivent se réunir ce lundi pour préparer la rencontre.
